Des enfants vivant dans le 3ème arrondissement de Bangui vont devoir bénéficier des actes de naissance. Une activité réalisée par l’ASF, le HCR et le gouvernement. La cérémonie de remise s’est déroulée mardi au Centre de Lutte pour la Paix et la Réconciliation du 3ème arrondissement de Bangui en présence des autorités locales. 50 actes de naissance ont été remis symboliquement. 

La crise militaro-politique qui a secoué la République centrafricaine a engendré plusieurs conséquences. L’une d’entre elles est d’ordre administratif en ce qui concerne les documents d’identification des citoyens à l’exemple du passeport, de la carte nationale d’identité voire des actes de naissance.

Nombreux sont les centrafricains qui dans leur fuite ont perdu ces documents et des enfants ont été nés, dommage, leurs parents n’ont pas eu l’opportunité de déclarer leurs naissances afin de se procurer des actes de naissance.

Cette malheureuse situation n’est pas seulement du côté des villes des provinces mais également à Bangui la capitale. Pour ce faire, plusieurs organisations et institutions nationales et internationales ne cessent de se mobiliser pour remédier à ce problème en octroyant gratuitement des actes de naissances lors des audiences foraines.

C’est dans ce contexte que l’Avocat Sans Frontière (ASF), avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations-Unis pour les Réfugiés (HCR) et du gouvernement centrafricain a pu délivrer mille trente-cinq (1035) actes de naissance aux enfants du 3èm arrondissement de Bangui.

« C’est suite à un rapport rendu par une ONG montrant que des milliers d’enfants ne disposent pas d’actes de naissance dans le 3ème arrondissement de Bangui que nous avons décidé de faire ce travail en partenariat avec l’UNHCR. Ces actes de naissance ne sont pas assez pour couvrir toute la capitale centrafricaine ainsi que les villes de provinces. Nous souhaitons poursuivre ce geste mais à condition que d’autres partenaires acceptent de nous appuyer comme l’a fait l’UNHCR », a expliqué Didier Madalet, coordonnateur projet à ASF.

Ce don a marqué les parents qui n’ont pas caché leur satisfaction à l’exemple de Issa Maloum qui témoigne : « J’habitais à Gaga dans la sous-préfecture de Yaloke avec toute ma famille. Mais la crise nous a obligés de fuir à destination de Bangui. Mes enfants avaient tous leurs actes de naissance mais dans notre fuite, nous avons perdu plusieurs choses dont les actes de naissance des enfants. Je remercie l’ensemble des partenaires qui se sont mobilisés pour qu’enfin mes sept (07) enfants puissent avoir leurs actes de naissance ».

Quant à David Gbeti, représentant du ministre en charge de l’Administration du Territoire l’acte de naissance est incontournable pour chaque citoyen. C’est le tout premier document administratif qui atteste l’existence d’une personne sur le plan juridique et détermine sa nationalité.

« Le deuxième mandat du HCR est de lutter contre l’apatridie. C’est une priorité mondiale. Et dans un pays qui a traversé la crise comme la RCA où les archives ont été brulées ou perdues, il est de notre devoir d’appuyer le gouvernement, les parents et les enfants pour obtenir des certificats de naissance. Le 3ème arrondissement sert de zone pilote dans ce projet mais c’est un grand défi qui reste à relever en matière d’État civil. Pour ce faire, nous allons faire de plaidoyer pour que des grandes agences se mettent ensemble avec nous pour passer du projet pilote à un projet à grande échelle », a lancé Fadela Novak Iron, représentante adjointe au HCR.

Devant l’importance que revêt l’acte de naissance dans la vie d’une personne, tous les acteurs qui se sont mobilisés pour la délivrance gratuite de ces documents ont demandé aux parents de veiller précieusement sur ces documents.

Brice Ledoux Saramalet