Le 8 juin 2026 restera une date marquante dans l’histoire récente de l’Église Méthodiste Unie en République centrafricaine. Ce jour-là, Monseigneur Kaleme Tambwe Antoine, Évêque résident de la Région épiscopale Congo-Est et République centrafricaine, a procédé à la nomination du Révérend Maurice Wembi en qualité de Surintendant et Représentant légal délégué de l’Évêque. Cette décision, officialisée par la référence n° 09/ECC/81e CMUCE/RL/2026, intervient dans un contexte de tensions internes et de vives contestations.
Le Révérend Maurice Wembi succède au Révérend Aquilas Soronko, longtemps en poste. Mais cette transition n’a rien d’ordinaire : elle s’accompagne de lourdes accusations portées contre son prédécesseur. Selon le Conseil de l’Église Méthodiste Unie en République centrafricaine, des manquements graves auraient été constatés, notamment :
Mauvaise gestion financière : des fonds de l’Église auraient été utilisés de manière contestée.
Projet hospitalier de Kpalongo : des interrogations persistent sur l’utilisation des ressources destinées à la construction de l’hôpital.
Gestion des biens communautaires : des préoccupations liées à l’administration des patrimoines de l’Église.
Non-respect des décisions hiérarchiques : des directives ecclésiastiques auraient été ignorées.
Comportements incompatibles : des attitudes jugées contraires aux responsabilités spirituelles.
La crise s’est aggravée avec la révélation de deux retraits bancaires effectués les 8 et 9 juin 2026, pour un montant total de 22 500 000 FCFA. Le Conseil affirme que ces transactions ont été réalisées sans autorisation préalable, soulevant des inquiétudes sur la transparence et la sécurité des finances de l’Église.
Malgré la notification officielle de son remplacement, le Révérend Aquilas Soronko aurait refusé de céder ses fonctions. Ce refus aurait entraîné des perturbations dans le fonctionnement normal de la communauté. Plus grave encore, des menaces visant la sécurité du Révérend Maurice Wembi et de sa famille ont été signalées.
Le Conseil dénonce également des propos discriminatoires attribués à Soronko, contestant la nomination de Wembi en raison de sa nationalité. Ces déclarations, jugées contraires aux valeurs de fraternité chrétienne, ont accentué les divisions au sein de la communauté.
Face à la gravité des faits, le Conseil de l’Église Méthodiste Unie a saisi, le 10 juin 2026, le Ministre de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement local. L’objectif : garantir la sécurité du nouveau Surintendant et faciliter la restitution des biens et dossiers de l’Église.
Cette démarche traduit la volonté de l’institution religieuse de s’appuyer sur l’État pour rétablir l’ordre et assurer la continuité de ses activités.
Le 18 juin 2026, une vidéo diffusée par la page « LDD » sur les réseaux sociaux a enflammé la situation. Dans ce contenu, un individu se présentant comme fidèle de l’Église aurait tenu des propos haineux et discriminatoires à l’encontre de la nouvelle équipe dirigeante.
Le Conseil déplore cette instrumentalisation des médias numériques, qui risque d’attiser les tensions et de fragiliser davantage la cohésion de la communauté.
Dans son communiqué, l’Église Méthodiste Unie exhorte les professionnels des médias à couvrir cette affaire avec responsabilité, impartialité et respect des faits. Elle insiste sur la nécessité de préserver la dignité des personnes concernées et de ne pas alimenter les divisions.
Malgré les turbulences, l’Église tient à rassurer ses fidèles et partenaires : ses activités spirituelles, sociales et humanitaires se poursuivent normalement. Sous la direction de Monseigneur Kaleme Tambwe Antoine et du Révérend Maurice Wembi, les nouvelles instances entendent maintenir la mission de l’Église, centrée sur la foi, la solidarité et le service communautaire.
Cette affaire met en lumière plusieurs enjeux majeurs :
Transparence financière : la gestion des ressources reste un défi crucial pour les institutions religieuses.
Leadership ecclésiastique : la transition entre dirigeants peut être source de tensions, surtout lorsqu’elle s’accompagne de contestations.
Influence des réseaux sociaux : la diffusion de messages haineux illustre le rôle amplificateur des plateformes numériques dans les crises communautaires.
Relations Église-État : l’intervention des autorités publiques souligne l’importance du dialogue entre institutions religieuses et politiques.
La nomination du Révérend Maurice Wembi marque une étape décisive pour l’Église Méthodiste Unie en République centrafricaine. Si les accusations portées contre son prédécesseur doivent être élucidées dans le respect des procédures, il est essentiel que la communauté retrouve rapidement la sérénité.
Dans un pays où les institutions religieuses jouent un rôle central dans la vie sociale et spirituelle, cette crise rappelle l’importance de la transparence, de la responsabilité et du dialogue. L’avenir de l’Église dépendra de sa capacité à surmonter ces turbulences et à réaffirmer sa mission au service des fidèles et de la société.
Dieu Béni Anderson Kabou

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