Ousmane Diagana, vice-président de la Banque Mondiale et le ministre de l’éducation ont effectué une visite dans les après-midi du 16 novembre 2023 à l’école mixte de Fatima située dans le 6e arrondissement de Bangui. Le but assigné à cette visite est de palper du doigt les conditions dans lesquelles les élèves étudient.
Cet établissement scolaire a été créé par des Missionnaires de l’Eglise Catholique romaine, en occurrence le Révérend Père Godard en 1951. Plusieurs cadres de ce pays y ont été formés et continuent d’y être formés depuis la création de ladite école. L’école Fatima compte 10 bâtiments contenant 28 salles de classe dont 18 salles utilisées et dix autres non utilisées. Les raisons de la non utilisation de ces classes sont entre autres la vétusté des mobiliers, les portes et fenêtres ont été emportées par des individus malintentionnés à cela s’ajoute le manque de tables-bancs, de bureaux, placards etc…
Cependant, elle est confrontée à de nombreux défis et difficultés. D’abord l’insuffisance des enseignants pour maintenir de façon constante le niveau de la formation. Il est d’autant plus vrai que les Maître-parents ont joué un rôle essentiel dans le système éducatif centrafricain, en général et à l’école Fatima en particulier.
Par contre, la question de leur prise en charge laisse à désirer. C’est sur l’appui de l’Association des Parents d’élèves à travers une contribution mensuelle des parents qu’ils sont rémunérés.
Il y a lieu de souligner que leur rémunération est en deçà du salaire minimum interprofessionnel garanti (S.M.I.G) officiellement reconnu.
Pour le ministre de l’éducation nationale, concernant l’effectif pléthorique des élèves dans les salles de classe, le gouvernement est en train de faire des efforts et ce, avec bien-sûr l’appui de la Banque Mondiale à travers le projet PUSEB qui a contribué beaucoup dans la construction des structures éducatives, ainsi que la réhabilitation de centaines infrastructures scolaires.
A titre d’exemple, depuis le début de la rentrée scolaire 2023-2024, l’école a enregistré plus de 5 cas d’incivismes où les bandits ont emporté les tables bancs et des matériels didactiques.
Les salles de classe servent de refuge la nuit aux individus dépourvus de sens pour ne pas parler de délinquants laissant l’établissement dans un climat sans cesse d’insécurité.
Selon la Directrice de cette école, en plus des difficultés énumérées, la cour de l’école Fatima est prise en otage comme dépotoir par certains riverains ou certains passants. Ceux-ci trouvent le plaisir en se soulageant dans ses locaux, rendant insalubres les conditions d’hygiène. Puisque cet établissement scolaire n’est pas clôturé:
« La solution à ces difficultés serait la construction d’une clôture autour de l’école FATIMA. Cette clôture permettra d’obtenir non seulement la sécurité au sein de ladite école mais aussi de réunir les bonnes conditions de travail aux enseignants et les meilleures conditions d’apprentissage aux élèves. J’ose espérer que votre présence ici constitue un début de solutions aux multiples problèmes de fonctionnement que connaît l’Ecole FATIMA », a déclaré la Directrice Fizoua née Mbringa Eudoxie Constance.
A ce problème d’insécurité s’ajoute le manque de point d’eau, le bloc sanitaire est dans un état défectueux laissant les élèves, les enseignants et les usagers dans une condition sanitaire difficile, l’absence totale d’électrification de l’école.
Soulignons en passant qu’il fait le plus souvent sombre les après-midi, au point que les élèves sont libérés avant la fin de l’heure, ce qui réduit naturellement les heures de cours aussi l’insuffisance en table-bancs avec l’effectif de plus de mille (1000) élèves par direction, il se pose réellement un problème de table-bancs pour permettre aux apprenants de s’asseoir convenablement pour étudier.
Ousmane Diagana, le vice-président de la Banque mondiale a rassuré les responsables de cet établissement et le gouvernement que cette institution bancaire met un accent particulier sur l’éducation : « La Banque Mondiale a essayé d’accompagner depuis très longtemps et surtout ces dernières années, le gouvernement Centrafricain, le ministère de l’éducation de la Centrafrique par des projets d’éducation divers et variés. Et madame la Directrice de l’UGP nous a donné la liste des certains projets qui sont en cours, elle nous a aussi informé de projets qui ont été accomplis. Il y a beaucoup de choses à faire, il y a malheureusement des choses à refaire. Donc, je vous interpelle tous à être responsables et à entretenir ce qui existe et en même temps de faire preuve d’efforts supplémentaires, aussi bien du côté du gouvernement que notre côté pour mobiliser plusieurs sources pour l’éducation et je veux m’engager ici en disant qu’avec mes collègues, nous allons voir dans quelle mesure on peut augmenter le financement dans l’éducation au niveau de la Centrafrique ».
Pour ce qui est des données statistiques pour l’ensemble du personnel des quatre (04) Directions, l’effectif total du personnel qualifié est de 15 Enseignants dont 7 hommes et 8 femmes et l’effectif des Maîtres-Parents est de 17 dont 6 hommes et 11 femmes.
En somme, l’effectif global du personnel enseignant de l’école FATIMA s’élève à 32 dont 13 hommes et 19 femmes. Par ailleurs, les enseignants qualifiés représentent 46,87% et les maîtres-parents 53,13%. En ce qui concerne les élèves, leur effectif total est de 4607 soit une moyenne de 1150 élèves par Direction. Aussi, sur les 4607 élèves, 2164 sont des filles soit 46,97% et 2443 des garçons soit 53,02 %.
Dorcas Bangui Yabanga

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