Des médias centrafricains traversent de plus en plus une zone de turbulence. Plusieurs faits expliquent ce calvaire qui a conduit à la fermeture de certaines rédactions soit à la compression du personnel.

Après plusieurs échanges avec des responsables de certains médias centrafricains, il résulte que des rédactions traversent une zone de crise sans précédente.

De la crise de carburant qui génèrent des flambées des prix, en passant par le contexte économique difficile sans oublier la pression politique liée au projet de la réécriture ou non de la nouvelle constitution, il est plus que jamais difficile pour les médias de s’assumer afin de jouer convenablement leur rôle de chien de garde de la démocratie.

En effet, depuis 2020, la Centrafrique a été frappée par les effets de la pandémie mondiale Coronavirus, jouant énormément sur son économie. Le secteur des médias n’a pas été épargné. La crise électorale est venue donner un coup fatal à l’économie déjà dans l’agonie. La suspension de l’aide budgétaire en faveur de la Centrafrique a été aussi un coup dur pour l’économie des médias.

Alors que l’économie des médias est basée sur les annonces, les avis, les publicités et les projets (pour certaines radios), les multiples crises sont venues réduire la mise en œuvre des projets dans le pays.

Surtout que les entreprises sont pour la plupart dans des positions de monopole, elles ne communiquent pas via les médias. Les quelques-unes prennent d’assaut les réseaux sociaux pour mener leurs campagnes de communication au détriment des médias.

Des organisations internationales et ONG œuvrant en Centrafrique ne passent plus leurs annonces, avis diverses et communiqué dans la presse. Alors que l’une des conditions de passation des marchés est de publier les annonces et avis dans la presse, plusieurs organisations ne respectent plus et préfèrent violer ces principes pour diffuser les avis et communiqués dans les groupes WhatsApp et sur les réseaux sociaux.

Toutes ces pratiques tuent à petit feu le secteur des médias en Centrafrique.  L’influence des réseaux sociaux risquent de faire disparaitre plusieurs rédactions qui espèrent sur ces marchés publiques pour se prendre en charge et faire face aux obligations de l’Etat, notamment, les taxes,  les impôts, les redevances.

En conséquence, quelques radios ont dû changer de local pour minimiser les coûts. D’autres ont compressé leur effectif et d’autres encore ont fermé temporairement leurs portes. Sur une soixantaine des titres des journaux  enregistrés par le Haut Conseil de la communication, une vingtaine paraissent. Avec cette crise, une dizaine de journaux bravent encore les conjonctures économiques pour paraitre régulièrement mais difficilement.

Une crise politique qui stigmatise les médias

Depuis le lancement de processus de réécriture d’une nouvelle constitution, des journalistes alertent sur des menaces et intimidations dont ils font l’objet.

Ces menaces et intimidations, venus des partisans du OUI et du NON sont des entraves à la liberté d’expression et surtout de la presse.

Avec l’allure des contractions qu’il y a au sujet de la réécriture de la nouvelle constitution, plusieurs médias risquent d’être de plus en plus stigmatisés.

Fridolin Ngoulou