Lady Sonia, coach du développement personnel est arrivée mercredi 22 juin  2022 à Bangui pour une méga conférence qu’elle animera le samedi 25 juin à la caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Un jour après son arrivée, Lady Sonia apporte son appui aux victimes des violences sexuelles dans le 5e arrondissement de Bangui.

Suivie par plus de 3 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux, Lady Sonia est armée d’une expérience personnelle édifiante et plus de 15 ans d’expériences dans la pratique du développement personnel dont elle est devenue une figure de proue en Afrique. En 2020, elle a été classée parmi les 100 personnalités la plus influente de l’Afrique.

Lady Sonia œuvre beaucoup plus dans l’humanitaire et les actions sociales. C’est dans ce contexte qu’aussitôt arrivée à Bangui, et avant la grande rencontre du samedi 25 juin 2022, la coach a assisté la Fondation Synthia Bouvier Garzon qui prend en charge des femmes victimes de violences sexuelles afin de profiter de cette visite pour leur délivrer un message de réconfort et d’espoir dans les moments difficiles que ces survivantes ont enduré.

« Je fut aussi une fille violée à 16 ans. Mais j’ai travaillé dure sur ma personne afin de devenir ce que je suis aujourd’hui. Le viol c’est un passé, surmontez, pardonnez oubliez et dites vous que vous êtes une femme forte, capable changer votre histoire et celle de votre pays », a déclaré Lady Sonia Mabiala.

Lady Sonia a aussi remis une enveloppe et un don composé des kits de dignité, des vivres et non-vivres. Elle a fait un plaidoyer pour que ses partenaires puissent apporter leur soutien à cette fondation qui prend en charge de nombreuses femmes victimes des viols sexuels. 

Les bénéficiaires n’ont pas caché leur sentiment. Lea Félicité Kongbo a exprimé la reconnaissance de cette Fondation à cette dame qui a enduré des mésaventures dans sa vie et qui par la force des choses a su sortir d’une situation d’inconfort.  « Nous sommes reconnaissante pour votre visite à cette Fondation. Créée le 8 janvier 2021 dans le but d’apporter une aide aux femmes et filles victimes de viol, cette aide consiste à leur offrir des services de prise en charge psychosociale, psychologique, l’hébergement d’urgence et les différents types d’appuis en ration alimentaire, le référencement médical, le remboursement de transport, la réintégration scolaire et socio-économique…», a dit la coordonnatrice  de la Fondation, Lea Félicité kongbo.

Depuis la création de cette Fondation, elle a totalisé un effectif de 153 survivantes de viol en provenance de différentes localités et reparties en tranche d’âge: de 0 à 17 ans: 49 cas, de 18 à 25 ans: 38 cas, de 26 à 49 ans: 59 cas et de 50 ans et +: 7 cas.

Lady Sonia, c’est une vie

Mère de famille, Lady Sonia a six enfants et mariée depuis 26 ans. Auteure de deux livres, elle est conférencière internationale. Elle tiendra à Bangui demain sa 17e conférence dans le monde. Issue du père de la Congo Brazzaville et de la mère du Burkina Faso, Lady Sonia est un mélange de plusieurs cultures. Mais, elle est aussi un mélange de beaucoup de blessures.

« Mon mari est diplomate aux Nations-Unies et pasteur. Je suis une grosse prieuse.  Un mélange de tout ça mais je souffrais. Il y avait l’argent, la prière, je connaissais aussi comment jeûner et prier. Quand je priais pour les femmes stériles, elles concevaient. Mais malgré tout, j’avais des pensés incroyables. Tout ce qui me restait c’est d’empoisonner mon mari. J’étais intelligente mais je n’avais pas une vision pour ma vie jusqu’à 40 ans. C’était stupide. Quoi que je fasse, j’avais l’impression que spirituellement, on m’a envouté. Je n’avais aucune estime pour moi, aucun amour pour moi-même, aucun respect pour moi-même. J’étais convaincue de tout ce que les autres disaient mais incapable de penser par moi-même », a-t-elle expliqué à Oubangui Médias.

Au bout de la 40eme année,  Lady Sonia avait pris la décision de se suicider. « J’étais arrivée à un niveau où j’entendais des voix me dire supprime toi, suicide toi. Je souffrais tellement. J’allais à l’église prendre des temps de jeûner et de prier. Mais après,  je me dis, il doit y avoir quelque chose de bon, il doit y avoir un avenir. J’ai désavoué ce que les parents disent, ce que les pasteurs me disaient et j’ai commencé à apprendre qui je suis, ce que je peux devenir ».

Lady Sonia a témoigné qu’elle était repartie à l’école à l’âge de 40 ans et était devenue un objet de moquerie car, elle dépassait en âge la plupart de ses enseignants. « J’avais la rage de me trouver. On enseigne à tout le monde d’aimer tout le monde, de pardonner tout le monde mais personne n’enseigne à une personne de s’aimer elle-même, d’être capable de se prendre en charge. S’il y a quelque chose qui ne marche pas, qu’est-ce qu’on fait, s’il y a un divorce, qu’est-ce qu’on doit faire, s’il y a échec dans l’entreprise, qu’est-ce qu’on fait », raconte Lady Sonia.

« J’ai dit après, je veux être utile dans ma communauté, dans la société et je me suis lancée sur les réseaux sociaux pour partager des pensées positives. Quand la main de Dieu est sur quelqu’un, rien ne l’arrête. C’est là que c’est parti. Des vies sont touchées, des vies sont changées, des millions s’abonnées sur les réseaux sociaux », a poursuivi le coach Lady Sonia.

Alors, une académie s’est rapprochée d’elle pour lui signifier que ce qu’elle fait est du coaching, le développement personnel.  « J’ai appris par après. J’ai investi dans les grands centres de formation. J’ai travaillé aux Nations-Unies, j’ai travaillé à l’ambassade américaine, j’ai mélangé tout mon savoir. Et alors, j’ai été déclarée la 100 eme personnalité la plus influente de l’Afrique en 2020 et quand mon pays m’a reconnu le 8 mars dernier en tant que chevalière dans l’Ordre de mérite, j’ai compris que j’étais vraiment dans ma destinée », a-t-elle témoigné.

En séjour à Bangui pour une méga conférence, Lady Sonia soutient qu’elle est venue déclencher une sorte de logique gram, un nouvel organigramme de penser. « Je suis venue pousser les gens à se rebeller contre leur situation. Je suis venue interrompre à certains le cycle de la pensée limitante (moi je ne suis pas capable, moi dans la famille on ne réussit pas…). On va le faire, mais propre et je vous garantis que quiconque assistera à cette conférence sortira une nouvelle personne », a promis Lady Sonia.

Fridolin Ngoulou