Dans le cadre de la journée mondiale du refus de la misère qui est célébrée le 17 octobre de chaque année, le mouvement international ATD Quart Monde a organisé une célébration en différée le vendredi 20 octobre 2023 à Bangui.
C’est au tour du thème « le travail décent, la protection sociale pour mettre la dignité en action » que la journée mondiale du refus de la misère a été célébrée le 17 octobre 2023 dans le monde entier. On ne peut pas parler du travail décent alors qu’il existe encore de déséquilibre, des inégalités, et la maltraitance sociale. Beaucoup de familles ont mené de lutte pour bannir la maltraitance sociale dont elles sont victimes. Que ce soit dans le travail formel ou informel mais la proportion la plus élevée se retrouve dans les familles les plus pauvres ou le travail informel est beaucoup plus ancré.
Pour Bob Katembo délégué national du mouvement ATD Quart Monde, il est important que les familles arrivent à dégager ce qui loge au fond de leurs cœurs. : « Nous étions à l’école de famille et on a appris ce qu’on ne connaît pas. Et avec ATD Quart Monde on est soulagé du fait qu’il y a ceux qui se sont engagés dans ce cadre pour mener un plaidoyer commun devant qui de droit pour que cette journée ne se limite pas seulement a une célébration qui, une fois finit, on emballe nos dossiers et on quitte. Il faut qu’il y ait une suite et cette suite sera un plaidoyer pour la dignité humaine, pour un travail digne pour tout le monde sans exception ».
La journée vise à développer une compréhension mutuelle, une solidarité et une responsabilité partagée entre personnes et groupes de différents horizons, en collaboration avec les personnes en situation de pauvreté. Par conséquent, la préparation de la célébration de la journée devrait être un processus continu, tout au long de l’année.
Selon les témoignages des participants, beaucoup travaillent sans un contrat depuis des années. Selon les dispositions de l’article 99 du code de travail, en l’absence d’écrire le contrat, il est recruté conquis pour une durée indéterminée.
Christelle Ngaro inspecteur du travail et de loi sociale s’explique : « Mais par rapport à ces différents témoignages qu’on a écouté, moi je pense que la législation sociale est bafouée tant sur le plan formel qu’informel. Parce qu’on parle de femme de ménage, on parle de serveur et serveuse dans les bars, ils ne sont pas payés. Ils ne bénéficient pas de leurs congés. C’est un problème qui reste au ministère de travail de prendre l’initiative et de voir ce qu’il y a lieu de faire. Pourquoi ?, parce que du jour au lendemain, c’est les droits qui sont bafoués. Et nous, en tant qu’inspecteur de travail, nous sommes les garants du travail et cela n’est pas une bonne chose ».
En effet, cette célébration trouve son sens car, c’est une journée pour reconnaître l’égale dignité de chacun. Durant cette journée, chacun accepte de s’unir autour des plus pauvres qui sont partout dans le monde, premières victimes de multiples formes de violence, et en s’abstenant de toute démonstration de force. La journée symbolise le combat quotidien de ceux qui vivent la misère : c’est le moment où ils peuvent manifester librement leur dignité et leur volonté d’indépendance face à l’assistance et suscitant la pitié. Malgré l’accord de SMIG signé par l’inspection du travail pour l’augmentation du salaire de tous les travailleurs informels, les bailleurs continuent d’appliquer les anciennes méthodes pour donner des maigres salaires à leurs employés.
Un étudiant qui travaille dans une société de sécurité de gardiennage victime de la maltraitance en son lieu de travail témoigne : « Je suis un étudiant et de plus et à travers mes problèmes et les difficultés, j’étais allé travailler dans une société de sécurité privée mais, il y a manque de respect et dignité et manque de protection sociale. Donc en quelques sortes le travail qu’on fait a trop de risque. Alors on te fait signer un contrat de 180.000 FCFA et à la fin du mois tu te retrouves avec une somme de 27.500 FCFA. C’est vraiment alarment ».
Il ajoute : « Maintenant au niveau du travail, quand tu travailles en tant que adjoint durant un certain moment, il faudrait qu’on te titularise. Là, les gens demandent un pot de vin de 50.000 FCFA afin qu’il puisse te nommer comme titulaire dans un poste ou tu devrais gagner une somme de 80.000 FCFA. C’est un tas de problème et du non-respect de la dignité humaine ».
Cette journée nous rappelle que dans le monde entier, les plus pauvres sont contraints de vivre dans la honte. C’est pourquoi les organisateurs veilleront à ce que toutes les activités organisées à cette occasion et l’ensemble des messages diffusés respectent la dignité des personnes qui sont à l’origine de ce rassemblement. Cette journée a été initiée par les nations unies en 1992.
Dorcas Bangui Yabanga

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