La République Centrafricaine (RCA), un pays meurtri dans l’âme après des multiples crises militaro-politiques ne cesse d’enregistrer les violences faites aux femmes et aux jeunes filles mineures par les groupes armés. Elles font face aussi aux pesanteurs sociaux et des phallocrates.

En effet, la transition de l’année 2021 à 2022 est marquée par des graves violations des Droits de l’Homme et des Droits de l’Enfant où beaucoup des cas de violences sexuelles ont été dénoncés par les organisations nationales et internationales qui assistent les survivants.

Selon la Minusca,  entre le 24 et 31 décembre 2021, une extrême violation des Droits de l’enfant est enregistrée: Plus de 74 incidents pour 46 enfants victimes dont 31 filles victimes de violences sexuelles et de mutilations génitales.

En effet, dans un rapport humanitaire, le bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) en Centrafrique précise que : « Les violences basées sur le genre, en particulier les violences sexuelles, ont récemment pris une ampleur inquiétante tant à Bangui que dans l’arrière-pays. Au trop,  6 336 cas de VBG ont été enregistrés entre janvier et juillet 2021, soit une augmentation de 58 % par rapport à la même période en 2020 ».

Les souffrances sont insoutenables en partant des préfectures de Bamingui-Bangoran, de l’Ouham, du Mbomou et de la Haute-Kotto… On note une croissance exponentielle des victimes des cas de violences sexuelles principalement sur les jeunes filles. Cette situation est liée au contexte généralisé d’insécurité et par des pesanteurs socioculturels : mutilation génitale féminine, défavorables aux femmes et aux filles.

En outre, les statistiques du système de gestion de l’information sur les VBG dans le pays émettent une tendance que ce sont des jeunes qui sont victimes de VBG. On note  43 % des 360 nouveaux survivants des violences sexuelles traités en octobre 2021 dernier dans trois districts sanitaires de Bangui étaient des enfants âgés entre 4 et 14 ans, très majoritairement des filles.

En Centrafrique, les violences sexuelles sont considérées comme le principal risque pour la sécurité des femmes et des filles, en particulier les déplacés internes. La plupart des cas de VBG sont celles commises par des hommes armés qui est passé de 7 à 23 % comparativement à l’année dernière à 2021 ou un quart de ces VBG étaient des violences sexuelles.

Par ailleurs, la moitié de ces survivants sont celles qui viennent des localités hors de Bangui, puisqu’il n’y a pas des structures adéquates à l’intérieur du pays pour leurs prises en charge holistique. Il faut noter que, la RCA a élaboré en 2019 une Stratégie Nationale de Lutte Contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), pour répondre efficacement contre ce fléau.

En dépit, de l’existence de politique et des textes normatifs en la matière, la situation demeure alarmante et un défi pour le gouvernement centrafricain. En attendant, les survivants de violences sexuelles basées sur le genre (VSBG), doivent faire face à des souffrances multiples : la stigmatisation, la honte, la culpabilité qui certainement ont des conséquences sur leurs vies sociales et engendrent la pauvreté et le difficile accès à la justice.

Rappelons qu’au mois de novembre 2021 une rencontre de haut niveau des chefs d’Etat africains et des gouvernements à Kinshasa a recueilli l’engagement des dirigeants africains dans l’objectif de mettre tout en œuvre rapidement sur la prévention et l’éradication des violences contre les femmes et les filles  à tous les niveaux sur le continent africain qui constituent des freins à l’épanouissement des femmes africaines et particulièrement des centrafricaines.

Assimby Komodou