Trois ans après le début de la crise au Soudan, la situation des réfugiés en République centrafricaine continue de susciter de vives inquiétudes. Dans un communiqué conjoint, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), le Programme alimentaire mondial (PAM), l’UNICEF et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA)lancent un appel urgent à la mobilisation internationale.

Au cœur de cette alerte, un déficit criant de financement. Le plan de réponse 2026 pour les réfugiés soudanais en RCA, coordonné par le HCR, nécessite 55 millions de dollars pour répondre aux besoins humanitaires. À ce jour, seuls 11 % de ce montant ont été mobilisés, compromettant sérieusement la portée des interventions sur le terrain.

Dans les zones frontalières, notamment à Birao, la pression démographique s’intensifie. Certaines localités ont vu leur population doubler sous l’effet de l’arrivée massive de réfugiés fuyant les violences au Soudan. Dépourvus de ressources, ces hommes, femmes et enfants dépendent largement de l’assistance humanitaire pour leur survie.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés insiste sur la nécessité de renforcer la protection des réfugiés et de soutenir leur intégration dans les systèmes nationaux, alors que les capacités d’accueil sont mises à rude épreuve.

De son côté, le Programme alimentaire mondial alerte sur la pression croissante sur l’assistance alimentaire, dans un contexte de ressources en baisse, alors même que les besoins continuent d’augmenter.

L’UNICEF met en avant la situation des enfants, particulièrement vulnérables, et souligne l’importance de maintenir l’accès à l’éducation, aux soins et à la protection, tout en renforçant leur résilience à long terme.

Enfin, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires appelle à une meilleure coordination de la réponse. Pour Abdoulaye Sawadogo, Chef du Bureau en RCA, « à un moment où les ressources sont de plus en plus restreintes, une coordination efficace demeure la meilleure garantie d’impact ».

Malgré les difficultés, les réfugiés continuent d’exprimer un désir profond de retour dans leur pays, dans un contexte de paix. Leur résilience, tout comme la solidarité des communautés d’accueil, reste un facteur clé.

Face à l’ampleur des besoins et à l’insuffisance des financements, les organisations humanitaires appellent à un engagement accru de la communauté internationale. Faute de financements rapides, préviennent-elles, l’aide vitale pourrait ne plus suffire à faire face à une crise qui s’inscrit désormais dans la durée.                                       

Milca Bissidi