Le Bureau régional de l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des Violences faites aux femmes et enfants (UMIRR), basé à Bouar, chef-lieu de la Préfecture de la Nana-Mambere éprouve des difficultés pour assoir la politique dans la région. 

Le gouvernement centrafricain dans sa politique de protection et de restauration de la justice sur tout le territoire avait décidé de mettre en place l’Unité Mixte d’Intervention Rapide et de Répression des Violences faites aux femmes et enfants (UMIRR), par le décret n°15007 du 8 janvier 2015 avant d’être rendue opérationnelle le 14 juin 2017.

L’UMIRR a pour mission de prévenir et réprimer toute forme de violence sexuelle ainsi que les violences basées sur le genre. Mais plus tard, l’UMIRR a reçu un second mandat qui est celui de lutter contre la traite des personnes en République Centrafricaine. Ce mandat lui est attribué à par le décret n°20.007 du 13 mars 2020.

Cette unité avait installé son antenne régionale, la première dans la ville de Bouar depuis le 1er septembre 2021. A compter du 4 décembre où le personnel a pris fonction à ce jour, l’antenne régionale de Bouar a enregistré au total 39 cas de violences sexuelles basées sur le genre, dont 27 cas sont transmis au parquet de Bouar.

Mais cette unité peine à assoir son autorité et sa politique faute des moyens. Lors d’une mission de Oubangui Médias dans la ville, vendredi 8 avril dernier, la cheffe d’antenne l’Adjudant Mahoro-Ndoko Zita Murielle, présentant l’importance de cette unité et les difficultés qu’elle rencontre a fait un plaidoyer au gouvernement ainsi qu’aux partenaires pour un appui conséquent à cette antenne régionale.

« L’effectif du personnel ne répond pas car nous sommes une antenne régionale. C’est pourquoi, nous sollicitons l’envoie d’un agent psycho-social pour nous aider sur l’orientation des victimes traumatisées. Il nous manque aussi un chef de bureau d’appui juridique et judiciaire ainsi qu’un responsable de suivi des dossiers au parquet », a-t-elle énuméré.

Sur le plan logistique, l’antenne de Bouar dispose d’un bureau provisoire au sein du bâtiment des Affaires sociales. Ce bureau manque des accessoires et ne dispose pas assez de matériels informatiques. L’énergie pose un sérieux problème au fonctionnement d’une imprimante de cette unité.

Cette unité, selon la cheffe d’antenne aura besoin d’armement pour les interventions, les patrouilles et missions ainsi que des moyens de communication et de liaison avec les unités de la police sur place. Un numéro vert est important pour le signalement des cas de violence basée sur le genre et autres violences sur les mineurs. Une chambre de repos sera aussi indispensable pour la protection des victimes.

En d’autres termes, l’antenne de l’UMIRR de Bouar ne dispose pas encore des moyens de sa politique et compte sur le gouvernement et les partenaires pour mieux fonctionner.

La Centrafrique est ce pays qui enregistre encore des cas de violence basée sur le genre le plus élevé. Des violences domestiques en passant par les viols, les mutilations et autres continuent malheureusement de se produire en dépit des sensibilisation et des répressions.

Les périodes de conflits accentuent les cas des violences, utilisées parfois comme armes de guerre.

Fridolin Ngoulou