A l’occasion de la journée marquant la célébration internationale pour l’élimination des violences sexuelles liées au temps de conflit armée, la Maison de la Mémoire en partenariat avec le gouvernement Américain a organisé un moment d’échange avec ces victimes, le 19 juin à l’Alliance Française de Bangui. Ceci est dans le but de réfléchir sur les actions à mener afin d’éliminer les violences basées sur le genre. En présence de Christian Olsen conseiller aux affaires publiques de l’ambassade des États-Unis en RCA.
Le 19 juin, c’est une journée de réflexion permettant à tout le monde de réfléchir sur les actions à mener afin d’éliminer, voir réduire les violences basées sur le genre. Il est tellement difficile pour les victimes de s’exprimer à leurs bourreaux de façon directe. Grace à l’appui financier, la maison de la mémoire, représentée par sa directrice Pascale Gaby a su mettre en œuvre des jours d’atelier de lettre afin de donner l’opportunité aux victimes d’exprimer ce dont elles ont vécu: « à travers cette lettre, nous espérons qu’il y aura des actions à mener afin de réduire les violences sexuelles en RCA ».
Dans son allocution, Christian Olsen conseiller aux affaires publiques à l’ambassade des États-Unis en RCA, précise que le gouvernement américain va travailler en collaboration avec la Maison de la Mémoire afin de soutenir les victimes liées au conflit armé.
Pour cette journée, ces victimes ont fait chacune une lettre en défaveur des violeurs afin qu’ils sachent que tôt ou tard la justice va les rattraper.
Lettre d’une victime:
« A celui qui m’a violée, dis-moi si cela valait la peine ce que tu m’as fait ? Ma vie aurait pu être meilleure si tu n’avais pas utilisé mon corps comme un objet pour me détruire. Je me suis battue de gauche à droite pour récolter les morceaux de ma vie brisée, je ne peux pas te rendre la monnaie de ce que tu m’as fait. Mais, j’aimerais tant que tu me donnes les raisons qui t’ont poussé à commettre toutes ces atrocités vis-à-vis de ma personne. J’aimerais que tu avoues, et que tu reconnaisses tes actes cruels afin que ces atrocités s’arrêtent et ainsi qu’à l’avenir, tu ne fasses plus de mal à une autre femme ».
Miriam la Secrétaire Générale du mouvement des survivante en RCA Mousuca lance un appel à l’endroit du gouvernement afin de répondre à leurs préoccupations : « Aujourd’hui, je profite de cette occasion pour lancer un appel auprès du gouvernement parce que les survivantes des violences sexuelles liées au conflit armé c’est celles qui sont souvent abandonnées par le gouvernement, par la famille et aujourd’hui cette journée va vraiment contribuer auprès de ces victimes parce que c’est pas nous qui avons accepté de devenir victimes, mais on nous a imposé de devenir victimes. Et cette journée, c’est pour la sensibilisation et la prévention des populations, la communauté, le gouvernement pour qu’elles puissent être au courant de ce qui se passe à travers les femmes dans ce pays ».
La journée du 19 juin est instaurée pour se souvenir des souffrances de ces victimes afin de pousser les États et Gouvernements de penser à améliorer les conditions de vies des survivantes de ces actes cruels dont elles sont victimes.
Dorcas Bangui Yabanga

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