« L’eau c’est vie » dit un adage mais celui-ci est loin d’être une réalité en RCA. Le monde célèbre aujourd’hui ce 22 mars la journée internationale de l’eau. Instaurée par les Nations-Unies pour attirer l’attention des gouvernements et organisations à fournir de l’eau potable à la population. En RCA, l’eau est une denrée rare surtout pendant la saison sèche.

Oubangui Médias a sillonné quelques points d’eau de la capitale, le constat est presque identique. Des femmes font la queue pour attendre d’être servies. Au quartier Kaga-Mangoulou, situé dans le 8e arrondissement, la population ne dispose que de trois forages plus un point d’eau pour la desservir. Certaines femmes que nous avons rencontré surplace indiquent que leurs calvaires c’est pendant la saison sèche: « Merci monsieur le journaliste, retenez que pendant la saison sèche, nous éprouvons d’énormes difficultés pour nous procurer en eau potable. Nous sommes obligées parfois d’utiliser l’eau de puits pour les différents travaux ménagers et l’eau de forage pour nous déshydrater », a souligné Anastasie une habitante de ce secteur.

A la cité Jean XXIII, derrière le lycée de Gobongo, il n’y a qu’un forage qui desserve toute la population de cette zone. A quelques mètres de cet établissement scolaire, un tuyau d’évacuation de l’eau de la SODECA a été bousillé par la population en vue de se ravitailler avec de l’eau gratuitement. Des enfants et femmes font la queue pour remplir leurs récipients.

Selon des témoignages recueillis sur place, cette pratique a duré plus d’un an.

« Le monde est terriblement loin d’atteindre son objectif d’eau et d’assainissement pour tous d’ici 2030 », a déploré sur Twitter le secrétaire général des Nations-Unies, António Guterres.

« Des milliards de personnes n’ont toujours pas d’eau potable ni de toilettes. Nous pouvons tous faire quelque chose pour accélérer le changement », a-t-il déclaré.

La Conférence des Nations-Unies sur l’eau 2023, qui aura lieu au siège des Nations-Unies à New York, du 22 au 24 mars 2023, co-organisée par le Tadjikistan et les Pays-Bas, promet donc d’être un moment décisif pour que le monde entier ait un regard particulier sur l’agenda eau et assainissement et sur son importance.

Cette occasion unique doit aboutir à un programme d’action audacieux sur cet élément vital  qui donnera à notre monde l’engagement qu’il mérite.

Soulignons qu’en RCA, malgré les efforts du gouvernement pour fournir de l’eau via la société de distribution d’eau en Centrafrique (SODECA) et Water for good qui est une organisation américaine œuvrant dans le domaine de WASH et surtout à l’intérieur du pays, l’accès de la population à l’eau potable reste un véritable problème.

Christian Steve SINGA