La crise survenue depuis décembre 2020 entraîne une crise humanitaire dont les conséquences touchent la plupart des populations déjà affectées par les précédentes crises. Quatre points humanitaires à savoir dans cette crise.

1- Depuis Décembre 2020, le pays est plongé dans une nouvelle vague de violences.

Alors que les affrontements se poursuivent depuis la mi-décembre entre une nouvelle coalition de groupes armés et les forces gouvernementales dans plusieurs régions du pays, la République centrafricaine connaît une crise humanitaire catastrophique.

Au moins 1,5 million de personnes ont été contraintes de quitter leur domicile : Une personne sur trois est soit déplacée à l’intérieur du pays, soit réfugiée dans les pays voisins. En 2021, le nombre de personnes déplacées à l’intérieur du pays a augmenté de 6,3 %.

2-La crise humanitaire actuelle et avant tout une crise de protection

Si la nourriture, les soins de santé primaires, l’eau et les abris sont les besoins humanitaires les plus urgents, des rapports alarmants de violence sexuelle contre les femmes et les filles ainsi que de recrutement forcé soulignent un besoin urgent de protection.

La plupart des familles déplacées dans la région n’ont reçu aucune aide alimentaire ces derniers mois, ce qui les pousse à sortir dans la brousse pour trouver de quoi manger ou du bois à vendre. Les femmes et les hommes n’ont pas d’autre choix que de se mettre en danger face aux attaques des groupes armés ou d’autres communautés.

3- L’espace humanitaire est en danger

La Centrafrique est considérée comme l’un des pays les plus dangereux au monde pour les humanitaires car ils sont la cible d’attaques. En 2020, 424 incidents affectant les humanitaires soit une hausse de 39%. Cette situation oblige les acteurs humanitaires à suspendre les activités dans les régions où les personnes déplacées ont besoin véritablement de l’aide.

4-La faim touche tout le monde

L’insécurité qui règne dans tout le pays, combinée à la perturbation de la route principale menant au Cameroun, entrave l’acheminement en temps voulu de l’aide humanitaire, des denrées alimentaires et des articles de première nécessité. En conséquence, les prix ont monté en flèche avec parfois des augmentations de plus de 200 % pour certains aliments et articles de base importés.

Dans tout le pays, les cas de malnutrition aiguë sévère chez les enfants de moins de cinq ans ont augmenté de 16,4 % par rapport à la même période en 2020, selon l’Unicef. Cette augmentation est largement due à l’insécurité généralisée. Aujourd’hui en Centrafrique, plus de 1,9 million de personnes sont en insécurité alimentaire et n’ont plus les moyens de manger à leur faim.

Source : NRC