Le Réseau des Défenseurs des Droits Humains en Afrique Centrale (REDHAC) a procédé le mardi 17 mai 2022 à une discussion avec les professionnels des médias sur la loi portant protection des défenseurs et défenseurs des droits humains en Centrafrique. Ceci en vue de son adoption à l’assemblée nationale par les élus.

Les défenseurs des droits humains sont les journalistes, les individus, les organisations nationales et internationales ou les institutions nationales et internationales qui effectuent un travail important de promotion, de protection et de défense des droits humains et des libertés fondamentales. Face aux menaces et à l’insécurité où ces derniers sont exposés, une loi portant leur protection a été votée au niveau régional. Vue les réalités qui changent d’un pays à un autre, ladite loi  est contextualisée aux réalités de chaque pays avant son adoption. C’est le cas de la République Centrafricaine qui accueille cette loi qui protège les défenseurs et défenseurs des droits humains en Centrafrique et que les promoteurs se battent pour son adoption à l’Assemblée Nationale.

Queen Bisseng assistante de Direction au REDHAC précise les fondements de cette loi. « Le projet de la loi vient d’abord sur les bases du travail non reconnu des défenseurs des droits humains, ce travail noble mais très ingrat du fait que cela les expose aux différents risques et menaces d’arrestation et même des détentions arbitraires. Et on s’est dit, pourquoi est-ce que nous nous battons au quotidien pour les autres sans pourtant avoir une loi qui nous protège ? L’idée est donc venue et pour ce faire, les défenseurs des droits de l’Afrique centrale doivent se mettre en ensemble pour faire un projet de loi qui puissent les protéger eux-mêmes, en attendant les résolutions au niveau des Nations-Unies ou de l’Union Africaine. Nous avons alors fait une loi générale. Mais, nous avons vu que cette loi ne suffit pas car elle ne cadre pas aux réalités de tous les pays. Nous avons décidé de contextualiser pays par pays et notamment celle de la RCA », a- t-elle expliqué.

Vu le contexte centrafricain, fragilisé par les crises sécuritaires, cette loi serait utile pour les défenseurs des droits humains dans leur exercice quotidien : « La particularité de cette loi en République Centrafricaine c’est qu’à la suite des crises qu’a traversé le pays,  les défenseurs des droits humains sont beaucoup plus vulnérables. Donc, il faut un instrument pour les protéger, qui leur donne le droit d’exercer leur activité sans toutefois être empêchés ni ne les contraignent à rien quand ils vont sur le terrain ou quand ils veulent publier un rapport même sur les violations ou sur tout ce qui se passe dans le pays. Ils doivent pouvoir s’exprimer librement sans que personne ne vienne les stopper », a précisé la même source.

Dans le même ordre d’idée, au moins 30 défenseurs des droits humains ont pris part du 16 au 17 mai à un atelier de renforcement des capacités sur la présente loi à Bangui. La formation est sanctionnée par un certificat administré à tous les participants à cette activité. Le réseau veut s’assurer que le contenu de ce document soit connu par les intéressés eux-mêmes afin qu’ils puissent cerner l’utilité avant qu’elle se soit adoptée. Toutefois, cette loi prend en compte les activistes, les avocats et mêmes les acteurs judiciaires  et juridiques qui représentent les personnes dont les droits ou libertés fondamentales ont été violées en vertu de la loi.

Belvia Espérance Refeibona