Le 14 mars 2026, l’Institut Pasteur de Bangui a clôturé la célébration de la Journée internationale des droits des femmes, après quatre jours de mobilisation, de sensibilisation, de dialogue et de plaidoyer autour du thème national : « De la reconnaissance des droits à l’action concrète : garantir aux femmes et aux filles centrafricaines l’accès aux services sociaux de base et à la justice ».
Plus de 100 lycéennes et étudiantes ont pris part aux échanges, consacrés au leadership féminin, aux métiers scientifiques, à la prévention des violences basées sur le genre, à la santé mère-fille, à l’hygiène menstruelle, à l’endométriose ainsi qu’à la prévention du cancer du col de l’utérus.
Cette mobilisation a également mis en lumière l’importance de promouvoir les filles dans les sciences, afin d’ouvrir de nouvelles perspectives face aux vulnérabilités sociales qui freinent encore leur avenir. Les interventions ont souligné que le cancer du col de l’utérus demeure l’un des plus meurtriers en République centrafricaine. Les données présentées indiquent un taux de prévalence du HPV de 17 % sur un échantillon de 1 743 femmes, dans un contexte marqué par la précocité des rapports sexuels, parfois dès 12 à 13 ans, ce qui renforce l’importance d’une vaccination entre 9 et 13 ans.
Les échanges ont également permis de rappeler que la santé des familles nécessite une mobilisation collective, notamment en matière de dépistage précoce. Ils ont aussi mis en évidence les nombreux obstacles auxquels les femmes et les filles restent confrontées. Selon l’UNFPA, 36 % des adolescentes de 15 à 19 ans font face à des grossesses précoces, 61 % des jeunes femmes de 20 à 24 ans ont été mariées avant l’âge de 18 ans, 23 % des femmes mariées ont des besoins non satisfaits en planification familiale, et près de 72 % des jeunes filles de 15 à 24 ans sont analphabètes.
Ces chiffres rappellent que l’accès à l’éducation, à la santé, à l’information et à la justice demeure un enjeu central pour l’avenir des filles en République centrafricaine. Pour le représentant de l’UNFPA : « Les lycéennes de Bangui et de Centrafrique sont la génération qui a le plus de pouvoir pour changer ces chiffres. Ne lâchez jamais vos stylos : l’éducation est votre meilleur outil de résilience et d’autonomisation. »
La cérémonie de clôture a été honorée par la présence de la Première dame de Centrafrique, Tina Marguerite Touadéra, présidente de la Fondation Tina Touadéra. Elle a souligné que « l’éducation et la santé des filles constituent des piliers essentiels de la politique sociale de l’État ».
Par ailleurs, elle a lancé un appel aux partenaires internationaux afin de renforcer leur soutien technique et financier, dans le but de consolider durablement les capacités de recherche, de prévention et d’action de l’Institut Pasteur de Bangui face aux besoins croissants de la population.
Freddy Ulrich Tanga

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