Le football centrafricain est secoué par une polémique inattendue. À l’approche du rassemblement de l’équipe nationale prévu à Bangui durant la trêve internationale de mars, l’absence du capitaine Geoffrey Kondogbia suscite incompréhension et débats. Selon le sélectionneur Eloge Enza Yamissi, cette mise à l’écart aurait été décidée sur instruction du président de la Fédération Centrafricaine de Football (FCF) Célestin Yanindji. Une décision qui soulève de nombreuses interrogations sur la gouvernance du football national et son impact sur le développement de la discipline.

Face aux rumeurs et aux spéculations, Geoffrey Kondogbia a choisi de s’exprimer publiquement. Dans une lettre datée du 23 mars 2026, il apporte des clarifications :

« Je tiens à m’adresser au peuple centrafricain, à l’ensemble des supporters ainsi qu’aux médias, afin d’apporter des clarifications concernant mon absence du prochain rassemblement de l’équipe nationale prévu à Bangui durant la trêve internationale du mois de mars. Je souhaite préciser de manière claire que je n’ai, à aucun moment, refusé de participer à ce rassemblement. Il y a une dizaine de jours, j’ai été informé par le sélectionneur, Monsieur Eloge Enza Yamissi, que je ne faisais pas partie de la liste des joueurs retenus, sur décision du Président de la Fédération Centrafricaine de Football. En tant que capitaine, j’ignore à ce jour la nature de cette décision. Ne pas pouvoir retrouver notre public, après de longues années d’absence, en cette semaine marquante pour notre pays, est une profonde déception pour moi. Malgré cela, mon engagement envers la sélection nationale reste total. Mon attachement aux Fauves est intact, et ma mission demeure la même : contribuer positivement au collectif et représenter avec fierté les couleurs de notre Nation chaque fois que l’occasion m’est donnée. Je remercie le peuple centrafricain pour son soutien constant et sa fidélité. »

Cette lettre met en lumière le malaise qui entoure la relation entre les joueurs et les instances dirigeantes. Pour de nombreux observateurs, écarter un joueur de la stature de Kondogbia, capitaine et figure de proue des Fauves, pourrait fragiliser la cohésion du groupe et nuire aux ambitions sportives du pays.

La question centrale demeure : cette décision contribue-t-elle réellement au développement du football centrafricain ? Certains y voient une démonstration d’autorité de la Fédération, tandis que d’autres dénoncent une gestion opaque qui risque de décourager les talents et de diviser les supporters.

Quoi qu’il en soit, l’affaire Kondogbia rappelle l’urgence de renforcer la transparence et la concertation dans la gouvernance du football national. Car au-delà des rivalités institutionnelles, c’est l’avenir des Fauves et l’image du sport centrafricain qui sont en jeu. Le peuple, fidèle à son capitaine, attend désormais des réponses claires et des décisions constructives pour que le football reste un vecteur d’unité et de fierté nationale.

Dieu Béni Anderson Kabou