En passant par les villes de Mbaïki et Boda dans la préfecture de la Lobaye, des usagers et transporteurs s’expriment désespérément sur l’état de la dégradation avancée de la route nationale RN6 Boda, située à 192 km à l’ouest de Bangui et à 85 km au nord-ouest de Mbaïki.

Des camions et bus commerciaux circulent difficilement sur cet axe à cause de l’état de dégradation avancée de la route. Quelques mototaxis pratiquent ce tronçon pour ravitailler les deux villes : « La voie est plus dégradée pendant la saison de pluie, ou à un moment donné, elle est impraticable à cause des érosions, des nids de poule et cela occasionne des accidents. Cet axe est difficile pour nous les mototaxis. Rouler sur un trajet cahoteux en cette saison pluvieuse ne donne pas envie de vivre et c’est un danger de mort », a-t-il lâché Boniface.

L’on doit réaliser, le manque de canalisation pour évacuer les eaux de pluie qui entraine une dégradation permanente des routes tout au long des routes nationales. Ceci étant, une synergie des départements ministériels (urbanisme, travaux publics et administration territoriale…) est nécessaire afin de mutualiser les expertises et permettre l’utilisation des fonds à bon escient pour la réalisation des voiries, l’entretien et maintenance des routes.

Des populations prisent aux pièges ne cessent d’interpeller le Gouvernement sur ses problèmes des infrastructures routières reliant les 20 préfectures de Centrafrique. En ne citant que ces villes dans certaines préfectures ou la situation est aiguë, la ville de Kouango dans la Ouaka, à  Mobaye dans la Basse-Kotto, à Bria dans la Haute-Kotto, d Ndélé dans le Bamingui-Bangoran en passant par Birao dans la Vakaga et Bangassou dans le Mbomou, on ne parle plus des routes dans ce pays.

A en croire certains centrafricains, ces routes existent bel et bien sur la cartographie mais en réalité sur le terrain, les routes n’existent plus. Elles sont devenues des pistes faute d’entretien par le Gouvernement. Ces dégradations de route et pistes rurales ont toujours une cause à effet sur la population : la flambée des prix de produits de première nécessité ainsi que des produits agricoles dans les régions. Au plan humanitaire, les difficultés d’acheminement des vivres et les déploiements logistiques dus aux mauvais états des routes contraignent parfois certains acteurs humanitaires à réduire leurs interventions pendant la saison des pluies.

Cependant, nul n’ignore que c’est la route qui fait le développement et non le sens contraire. Le développement doit nécessairement passer par celui des routes. Comment peut-on exploiter le capital humain dans cette circonstance catastrophique, si le déploiement de l’autorité de l’Etat à l’intérieur par voie terrestre n’est pas possible afin de faciliter la croissance économique ? L’on doit reconnaitre, la reconstruction du réseau routier est en retard et devrait faire partie des priorités du président Touadera et de son gouvernement

Malgré les efforts du Gouvernement via le projet fiduciaire « Londo Agetip CAF », financé par la Banque mondiale, les routes et de nombreuses pistes rurales qui ont été faites de manière non durable  tombent encore en mauvais état. Pour ne pas aller loin, les 50 km des routes que le gouvernement a promis faire dans la capitale ne sont pas encore toutes finies. Si certaines avenues comme celles de Bimbo ne sont pas encore faits, d’autres sont mal faites et tombent déjà dans un état de délabrement.

L’espoir se réside dans les grands travaux pharaoniques à haute intensité de main d’œuvre prôner par le Gouvernement centrafricain à travers les projets intégrateurs pour bitumer les routes principales entre autres Congo-Centrafrique, Tchad-Centrafrique et Soudan-Centrafrique ainsi que les routes secondaires et pistes rurales.

Mais avant, le gouvernement doit mettre de l’énergie pour faire développer les routes.

De retour de mission a Boda Zarambaud Mamadou