Célébrée le 1er décembre de chaque année, la journée mondiale de lutte contre le SIDA a lieu ce lundi 5 décembre au lycée des Martyrs à Bangui. Ce léger décalage a pour raison la fête d’anniversaire de la proclamation de la République Centrafricaine du 1er décembre.

La cérémonie est présidée par le chef de l’État Faustin Archange Touadera qui est lui-même Président du Comité National de Lutte contre le SIDA en Centrafrique, en présence des partenaires nationaux et internationaux.

Situé dans le 2e arrondissement de Bangui, le lycée des Martyrs a abrité le lundi dernier une grande festivité qui marque la célébration en différée de la journée mondiale de lutte contre le SIDA en Centrafrique. Le choix dudit département scolaire exprime la volonté du chef de l’État de promouvoir la santé publique des jeunes face à la maladie du Sida. Une occasion qui permet de sensibiliser les jeunes élèves sur le sida mais aussi de les conscientiser  à mieux se protéger. Un moment qui a également permis de capitaliser les actions menées dans le cadre de lutte contre le SIDA en Centrafrique.

Une légère diminution du taux de prévalence du sida.

Une amélioration positive se fait remarquer à travers la baisse du taux de la prévalence du Sida en Centrafrique. Le taux a baissé de 2,9% en 2019 contre  2,7% en 2021 et 4% en 2017. Cela s’explique par une augmentation de la couverture de prise en charge par les antirétroviraux. C’est ce qu’affirme Faustin Archange Touadera, président du comité national de lutte contre le SIDA en Centrafrique (CNLS). Plus de 59 milles personnes vivant avec le VIH sont mises sous traitement ARV.

Florina Soualogbe, âgée de 26 ans, élève en classe de terminale est l’une des PVVIH qui ont témoigné l’importance de la prise en charge par les ARV sur sa vie en encourageant les autres personnes infectées à respecter leur traitement : « Cela fait déjà cinq ans que je vis de la maladie du SIDA. J’ai été contaminée par mon mari qui était vendeur de pièces détachées quand j’étais enceinte. J’ai appris que j’avais le Sida quand j’avais 6 mois de grossesse, lors des examens prénataux. Mais, ce dernier a refusé de me l’avouer bien qu’il était déjà conscient de son état et prenait ses médicaments en cachette. Je l’ai quitté pour regagner mes parents. J’ai arrêté mon traitement pour cacher la vérité à mes parents et cela a voulu me coûter la vie. J’ai été encouragée par un médecin à reprendre mon traitement et regagner un réseau de PVVIH dont je suis maintenant la présidente. Maintenant, je vis bien avec le Sida. J’ai même un enfant et un nouveau mari. Je préfère alors utiliser mon histoire pour sensibiliser les autres personnes infectées à prendre leurs médicaments pour survivre avec le SIDA », témoigne-t-elle.

Le Président Touadera a profité de l’occasion pour appeler la jeunesse centrafricaine à plus de prudence pour ne pas attraper cette maladie dangereuse qui demande tant de ressources financières pour la procuration des ARV, tout en indiquant qu’une ligne budgétaire de 150 millions est ouverte à la CN/CNLS pour l’année 2023.

Belvia Espérance Refeïbona