Du 27 au 29 janvier, des acteurs judiciaires ont suivi une formation de renforcement de capacités sur la lutte contre la traite des personnes, les violences basées sur le genre et les premiers secours psychologiques. Cette activité est organisée par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dans le cadre d’un projet financé par l’Union européenne.
L’objectif de cette activité est d’outiller les participants sur les termes clés liés à la traite des personnes ainsi que sur les méthodes de reconnaissance de ce phénomène, qui existe encore dans certaines situations en République centrafricaine.
Les participants sont des magistrats, des juges et des greffiers. Selon l’OIM, les attentes à leur égard sont qu’ils s’imprègnent des connaissances acquises et participent activement à la lutte contre la traite des personnes en Centrafrique.
Clémentine Bambithé-Boko, cheffe de service d’appui psychosocial à l’UMIRR explique : « Cet atelier a été financé par l’Union européenne et sa mise en œuvre est assurée par l’OIM, en partenariat avec l’UMIRR. Le but recherché est le renforcement des capacités des acteurs judiciaires sur la traite des personnes, notamment les magistrats, les juges et les greffiers. Nous attendons que les participants s’imprègnent des notions abordées et s’engagent activement. Ensemble, nous parlons le même langage en matière de lutte contre la traite des personnes en République centrafricaine », a-t-elle déclaré.
Les thématiques développées portent sur un bref aperçu de l’OIM, de l’Unité mixte d’intervention rapide et de répression des violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants (UMIRR), de la protection transversale, ainsi que sur la traite des personnes.
Les participants seront également outillés sur les différences entre les formes de traite, les conséquences encourues, les mécanismes de prise en charge des victimes, le nouveau circuit instauré au sein de l’UMIRR conformément au mandat sur la traite des personnes adopté depuis 2020, ainsi que sur les premiers secours psychologiques destinés aux victimes.
Notons que l’ouverture de l’atelier a vu la participation de Gervais Francis Voyémacoa, représentant du ministre d’État chargé de la Justice. Dans son allocution, il a indiqué que cet événement est crucial pour renforcer les capacités de lutte contre ce fléau qui touche particulièrement les populations vulnérables du pays.
Il a déclaré que la traite des personnes constitue une violation grave des droits de l’homme, souvent liée aux situations de conflit, de pauvreté et d’impunité. Selon lui, la République centrafricaine est confrontée à d’importants défis en matière de protection des victimes et de poursuite des auteurs de ces crimes, d’autant plus que, du fait des crises militaro-politiques, le pays est devenu à la fois un pays de départ, de transit et de destination de la traite des personnes.
De ce fait, les statistiques montrent un taux encore élevé de cas d’exploitation des enfants dans les mines, de prostitution, de travail forcé, entre autres, malgré les efforts notables consentis ces dernières années pour lutter contre la traite des personnes.
« Le gouvernement centrafricain a élaboré une Stratégie nationale de solutions durables pour les personnes déplacées internes et les rapatriés. Cette stratégie vise à renforcer la protection des victimes et à promouvoir la réintégration des personnes affectées. La mise en place de l’UMIRR en tant qu’entité nationale de prévention et de lutte, ainsi que son extension, renforce le dispositif national. L’OIM et d’autres organisations internationales soutiennent les efforts du gouvernement à travers des ateliers de renforcement des capacités destinés aux points focaux du Comité de lutte contre la traite des personnes. Par ailleurs, l’Assemblée nationale a adopté par acclamation la loi n°22.015 visant à interdire la traite des personnes en République centrafricaine. Ce renforcement de l’arsenal juridique constitue une avancée majeure pour la protection des victimes et la poursuite des auteurs de ces crimes », a-t-il ajouté.
Toutefois, malgré ces efforts, des défis subsistent, notamment l’insécurité, la pauvreté et le manque d’accès à l’éducation et aux services de base. Il est donc essentiel, selon le représentant du ministre, de renforcer la coordination entre les acteurs humanitaires, de développement et judiciaires afin de faire face à ces défis.
C’est dans cette optique que le ministère de la Justice reste fermement engagé dans la lutte contre la traite des personnes en République centrafricaine. Cependant, cette lutte ne saurait aboutir sans l’appui constant des partenaires techniques et financiers, a-t-il affirmé.
Il convient de rappeler que cette sensibilisation s’inscrit dans le cadre du projet « Améliorer l’assistance aux migrants, aux personnes déplacées et aux communautés hôtes, à risque ou victimes de la traite des personnes et de violences basées sur le genre en République centrafricaine », financé par l’Union européenne pour une durée de 36 mois.
Elle intervient après celle des points focaux du Comité de lutte contre la traite des personnes en République centrafricaine.
Déus Gracias Tchémanguéré

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