L’atelier du programme transfrontalier de promotion des solutions durables aux situations de déplacement entre le Cameroun et la République centrafricaine (RCA) s’est achevé le jeudi 19 mars à Bangui. Cette rencontre était organisée par l’ONG Solutions et Initiatives Durables (SOLID), en partenariat avec le ministère de l’Action humanitaire, l’Union européenne, ainsi que les gouvernements du Cameroun et de la RCA.

L’objectif est d’offrir des solutions durables afin de répondre aux défis liés aux déplacements forcés des réfugiés entre les deux pays. Une première phase du projet jugée réussie a été saluée par le ministre de l’Action humanitaire. « J’ai suivi tout à l’heure avec beaucoup d’attention le rapport final des réalisations faites par SOLID, ce qui m’a rendu fier. Cela prouve que cette organisation a fait preuve de professionnalisme au regard de toutes ses actions. Il faudrait continuer dans ce sens », a-t-il déclaré.

Financé par l’Union européenne à hauteur de 18 millions d’euros, le projet couvre plusieurs zones d’intervention, notamment les régions de l’Est et de l’Adamaoua au Cameroun, ainsi que les préfectures de l’Ouham-Pendé, de la Sangha-Mbaéré, de la Mambéré-Kadéï et de la Nana-Mambéré en République centrafricaine.

Les résultats jugés encourageants ont conduit à l’annonce de la mise en place d’une deuxième phase du programme, dénommée SOLID 2, à la suite de la première. « Le premier projet a été très réussi. Nous avons tous suivi le rapport dont les résultats sont probants et nous comptons relancer un second projet, c’est-à-dire SOLID 2, une fois que le premier sera arrivé à son terme », a souligné Jean-Marc Dewerpe, premier conseiller et chef de coopération de l’Union européenne à Bangui.

Selon les organisateurs, depuis la crise militaro-politique qui a secoué la République centrafricaine en 2013, le territoire camerounais est devenu un refuge majeur pour les Centrafricains, notamment dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua. D’après les statistiques du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), 347 575 réfugiés centrafricains étaient recensés en juillet 2022, dont près de 60 % installés dans ces deux régions.

En août 2025, le Cameroun comptait encore plus de 283 000 réfugiés centrafricains, dont 56 % dans la région de l’Est et 29 % dans l’Adamaoua, tandis que près de 45 % vivent en exil depuis environ 11 ans.

Afin d’apporter une réponse durable à cette situation, ce projet tripartite constitue un levier essentiel pour les réfugiés et les déplacés internes. Selon les résultats clés du projet, 6 529 réfugiés ont bénéficié d’actes de naissance, dont 5 492 au Cameroun et 1 037 en RCA. Par ailleurs, 216 personnes ont reçu des documents liés au logement, à la terre et à la propriété (LTP), dont 95 au Cameroun et 121 en RCA.

En outre, 74 141 personnes ont amélioré leur accès à l’eau potable, dont 31 500 au Cameroun et 42 641 en RCA, grâce à la construction et à la réhabilitation de 141 systèmes d’approvisionnement en eau (61 au Cameroun et 80 en RCA). Ces infrastructures sont accompagnées de 141 comités de gestion de l’eau formés et équipés. Enfin, 1 676 personnes victimes de violations de droits ont également bénéficié d’un accompagnement. Le projet devrait prendre fin en juin prochain.                                 

  BVIII Pappus Héritier