Plus de 2 346 mentors participent, du 4 au 14 mars, à une formation de renforcement des capacités sur la stratégie et l’ingénierie de projet du Capital humain et de l’autonomisation des femmes, dit « Maïngo ». Cette formation vise à outiller les participants sur le rôle qu’ils ont à jouer dans la gestion des espaces sûrs et les clubs.

Sur le site du Grand Bangui, qui regroupe plus de 248 mentors, les participants apprennent non seulement des notions théoriques, mais aussi des chants d’animation destinés à faciliter l’encadrement dans les espaces sûrs pour mes jeunes filles, et les clubs pour les jeunes hommes.

Après chaque séance, ils s’exercent à maîtriser les acquis. Chancella Namoka Fatoumata, l’une des mentors de l’espace sûr de Gbaloko, témoigne de l’importance de cette formation.

« Nous avons appris les quatre programmes de la composante 1 : les programmes fondamentaux, axés sur les compétences de vie, la santé reproductive et l’alphabétisation. Nous avons aussi appris le programme social, centré sur les sketchs, les chants et les danses que nous faisons, appelés brise-glace. Il y a également le programme de soutien, qui concerne la garderie des enfants, où des mères gardiennes s’occupent des bébés des adolescentes et jeunes filles. Enfin, il y a le programme d’inclusion financière destiné aux adolescentes et jeunes filles. Après avoir terminé les programmes de compétences de vie et d’alphabétisation, elles pourront aussi bénéficier du programme d’inclusion financière », explique-t-elle.

Pour sa part, après sept jours de formation, Paul Yanyadji, mentor dans le village Sato se dit prêt à mettre en pratique les connaissances acquises.

« Durant cette formation, j’ai beaucoup appris grâce aux superviseurs et aux facilitateurs. Aujourd’hui, je suis prêt à mettre en pratique ce renforcement de capacités. Mon rôle sera de créer des espaces sûrs et des clubs pour les adolescents et jeunes hommes afin de mieux les encadrer », affirme-t-il.

De son côté, Géraldine Songbé, responsable du programme Fondamentaux à l’ONG CPADES Kedé ti Kwa, explique l’objectif ainsi que les missions qui attendent les mentors à l’issue de cette formation.

« Cette formation vise à outiller les 2 346 mentors récemment recrutés sur les compétences de vie, la santé sexuelle et reproductive. Les sessions portent notamment sur les valeurs, la connaissance de soi, les relations interpersonnelles, la fixation d’objectifs, la prise de décision et la négociation. Elles abordent également la prévention des grossesses non désirées, des violences, ainsi que des mariages précoces et forcés. Nous formons deux catégories de mentors : les mentors femmes, dédiées aux espaces sûrs, et les mentors hommes, affectés aux clubs. Les mentors femmes suivent 30 sessions de formation, tandis que les mentors hommes participent à 18 sessions. L’objectif final est de leur permettre de dupliquer ces formations au niveau local auprès des bénéficiaires, notamment les adolescentes et jeunes filles, ainsi que les adolescents et jeunes hommes dans les communautés des six préfectures d’intervention », précise-t-elle.

Les mentors ont également pour mission de conseiller, d’orienter et de référer les adolescents et jeunes en cas de besoin. Ils doivent aussi veiller à promouvoir des comportements responsables et sains afin de contribuer au développement des communautés.

« Le mot mentor signifie modèle, quelqu’un qui oriente et conseille. Ce sont des éducateurs que nous envoyons sur le terrain pour informer les jeunes et leur transmettre des connaissances utiles pour réussir leur vie et éviter les fléaux qui pourraient freiner leur participation au développement de leurs communautés », ajoute Géraldine Songbé.

Cette formation, qui concerne plus de 2 346 mentors, se déroule sur 60 sites répartis dans les six préfectures d’intervention du projet. Elle dure 10 jours pour les femmes et 7 jours pour les hommes.

Elle s’inscrit dans la composante 1 du projet Maïngo, qui vise à créer des espaces sûrs pour les filles et les clubs pour les garçons.

Déus Gracias Tchémanguéré