À Bangui et dans ses environs, les taxi-motos sont devenus indispensables dans le quotidien de la population. Rapides, accessibles et omniprésents, ils assurent non seulement le transport des personnes, mais aussi, de plus en plus, celui des marchandises.

Ces chargements, souvent empilés de manière instable, dépassent largement les limites de sécurité. Derrière cette pratique banalisée se cache pourtant un danger réel : perte de contrôle, accidents graves, blessures, voire décès.

Les conducteurs de taxi-motos connaissent les dégâts que peuvent causer les surcharges, mais continuent malgré tout de le faire. On peut alors se demander pourquoi ils prennent ce risque. S’agit-il d’une nécessité économique ou d’un comportement inapproprié dans la circulation des biens et des personnes ?

Sachant qu’ils sont souvent abandonnés ou victimes de mauvais traitements après les accidents, ils continuent néanmoins à pratiquer les surcharges.

La République centrafricaine dispose pourtant de lois sur la circulation routière et les surcharges. Cependant, l’application de ces lois n’est pas effective.

Ce manque de rigueur favorise l’augmentation des accidents de circulation à Bangui. Chaque semaine, les services d’urgence reçoivent des cas d’accidents, dont certains sont liés aux mototaxis. Certains usagers finissent même au cimetière.

Avec les surcharges et l’excès de vitesse, les conducteurs perdent souvent le contrôle de leurs engins et finissent sous des véhicules particuliers, entre des motos ou encore sous de gros camions. Certains y laissent leur vie, tandis que d’autres subissent les conséquences durant toute leur existence. Beaucoup sont abandonnés par les conducteurs de taxi-motos eux-mêmes, incapables de prendre en charge les soins médicaux des victimes.

Les forces de l’ordre devraient procéder à la saisie des engins en cas de non-respect des règles liées aux surcharges ou à l’absence de documents réglementaires.

Pourquoi les forces de l’ordre les laissent-elles faire ?

Dans la capitale Bangui, les forces de l’ordre sont présentes dans plusieurs arrondissements. Malheureusement, elles ne remplissent pas toujours correctement leur mission. Cela peut s’expliquer par le manque de moyens, la tolérance ou encore la corruption. Pourtant, leur rôle est de protéger la population centrafricaine et de veiller à la sécurité routière. Mais ces dernières se contentent souvent de vérifier les papiers et les permis, tout en oubliant l’aspect sécuritaire des personnes.

Il y a quelques semaines, un accident s’est produit sur la route de Boali à cause de la surcharge et de l’excès de vitesse. Revenant d’un cimetière, des passagers ont perdu le contrôle de leur moto et sont entrés en collision avec un véhicule. Deux personnes sont mortes. Pourtant, des forces de l’ordre étaient présentes à la barrière de PK26.

Bien qu’ils soient perçus comme un facteur d’insécurité routière, les taxi-motos restent un moyen de transport rapide et indispensable pour les usagers. Cependant, ils présentent de nombreux risques. Les forces de l’ordre doivent donc veiller au respect des règles de sécurité afin de réduire le taux d’accidents liés aux surcharges et à l’excès de vitesse dans le pays.

Christelle Melvina Ganazoui