Une école de musique à Bouar : African music scool est la première école de musique du pays, ouverte depuis six ans par le prêtre polonais, le Père Benoit Paczka, missionnaire en Centrafrique depuis 10 ans.

Située au centre-ville de Bouar, African music scool nous accueille avec des belles mélodies qui traversent les murs. Sous un bâtiment R+ encore en construction, quelques élèves qui étaient présents ce jour-là profitent de la présence des professeurs venus d’ailleurs pour parfaire leurs connaissances en musique, connaissance vocale ou instrumentale.

Une fillette de 13 ans, debout devant un professeur de vocal, jouant au piano, nous fait vibrer avec sa voix d’or à ces côtés, les murs sont peinturés par des portées musicales ainsi que d’autres symboles de musique.

Dans une autre salle, des élèves s’entrainent à jouer aux instruments de musique et à chanter. Les élèves de bas âges attendent leur tour pour passer devant le professeur. Une ambiance musicale règne au sein de cette école créée il y a six ans déjà.

« Depuis six ans, nous sommes là à Bouar. Au centre-ville de Bouar, nous totalisons deux ans dans ce centre dont les bâtiments sont en construction », nous a confié le Père Benoit.

Dans ce bâtiment en construction, Il y aura des salles de cours et quelques camps de passage pour les professeurs qui viennent de l’extérieur. Depuis six, African music scool a reçu au moins 20 professeurs de musique qui viennent enseigner à Bouar. Ils viennent de la Pologne, de la France, d’Afrique et sont obligés  de rester quatre à cinq mois sur place pour dispenser les cours. Lors de notre passage à Bouar, Ils étaient quatre professeurs sur place.

African music scool est une première école de musique en Centrafrique. Les enfants sont capables de chanter, de jouer aux instruments de musique mais surtout de lire et d’écrire les notes. Cette école accueille des enfants très petits à partir de deux ans. Avec eux, le Père Benoit et son équipe organisent trois séances de cours par semaine, surtout les chants.

Le Père Benoit ne manque de proclamer haut que la RCA a d’incroyables talents en matière de la musique, mais ces talents sont inexploités. « Il y a des enfants habiles plus que les enfants d’Europe. Nous avons découvert les talents de trois enfants qui étaient partis en Pologne. En trois mois, nous avions fait 63 concerts avant notre retour. Ils sont capables de donner les meilleurs d’eux-mêmes », a témoigné le Père Benoit.

Cette année, trois élèves en formation de musique à African music scool vont partir encore suite à un programme de bourses. Ils iront dans des grandes écoles de la musique au monde (Boston aux USA, Pologne et en Nancy en France). « Je suis très content que nous pouvons donner quelques choses pour nos enfants », s’est exprimé le Père Benoit.

Il y a deux ans, cette école avait enregistré son premier album à Bouar. Dans cet album, les élèves se disent non à la prise des armes et surtout non aux enfants qui sont utilisés dans les rangs des groupes armés.

Le Père Benoit commente qu’en Centrafrique, pour trouver une kalachnikov, c’est facile mais pas une guitare bien accordée à six cordes. C’est pourquoi, leur ambition est de faire de Bouar un grand centre de la musique en RCA. Ce secteur,  a des atouts  pour utiliser plusieurs personnes au détriment des groupes armés.

La finition du grand bâtiment en construction, le projet du studio d’enregistrement moderne et équipé, la construction du grand amphithéâtre qui vont servir de formation mais aussi de salle de concert, sont autant des projets pour cette école de musique de référence pour la RCA.

Cette école a besoin de plus d’attention et de soutien pour se développer.

Fridolin Ngoulou