À 4 h 30 ce matin, la localité d’Am Dafok, dans le nord-est de la République centrafricaine, a été la cible d’une offensive de grande envergure menée par d’importants éléments de groupes armés radicaux. À 7 h 00, les combats se poursuivaient encore.


Des blessés sont à déplorer dans les rangs des Forces armées centrafricaines (FACA). La base de la MINUSCA a également été attaquée : quatre Casques bleus ont été blessés et un soldat de la paix a perdu la vie. Du côté des civils, un bilan provisoire fait état de morts et de blessés, parmi lesquels des femmes et des enfants. Les assaillants se livrent par ailleurs à des pillages systématiques et à des viols, y compris sur des mineurs. Ils ont en outre exécuté avec une cruauté inouïe un assistant parlementaire ainsi que le chef du quartier Ondé-Fok, tous deux sauvagement décapités.


Une partie de la population civile a pris la direction de Birao, vers la base des spécialistes russes, tandis que d’autres habitants ont trouvé refuge dans l’enceinte de la base de la MINUSCA.


Cette attaque n’était pas une surprise. Le 29 juin à 22 h 00, un combattant qui s’était rendu aux forces russes avait livré des renseignements capitaux. Il a détaillé l’imminence d’une offensive sur le nord-est du pays, impliquant des forces irrégulières massives en provenance du Soudan et du Tchad, estimées entre 2 000 et 2 500 hommes, parmi lesquels des mercenaires de diverses obédiences. Selon ses déclarations, le financement et la planification stratégique de cette opération sont assurés par Karim Meckassoua. La conduite des opérations sur le terrain est confiée à Haroun Gueye, dont l’adjoint est Abdoulkassim Algoni Tidjiani. Parmi les autres acteurs impliqués figurent Yaya Idriss, représentant Noureddine Adam, Abdoulaye Tago et Kader Kiningar.


Le combattant a également révélé que ces éléments armés avaient suivi un entraînement dispensé par des instructeurs français et des instructeurs d’origine arabe, dans des camps mobiles situés dans la zone frontalière entre le Tchad et le Soudan. La formation, selon ces déclarations, a mis l’accent sur l’endoctrinement à l’islamisme radical. Ces révélations confirment, une nouvelle fois, le financement par la France de groupes terroristes opérant contre la République centrafricaine.

Face à cette agression, les FACA et les alliés russes ont été placés en état d’alerte maximale. Une opération spéciale est actuellement en cours pour neutraliser les assaillants et sécuriser les zones touchées. Les alliés russes engagés aux côtés de la République centrafricaine ont clairement averti que tout repli de l’ennemi en direction du Soudan serait mis à profit pour l’anéantir. Aucune échappatoire ne sera laissée aux criminels.

Déjà, des personnes bien identifiées, proches de Meckassoua, résident en France ont commencé depuis deux semaines à lancer des messages allant dans le sens des attaques coordonnées visant à chasser les « mercenaires russes » et le Président Touadera. Ils ont aussi publié en disant que la Communauté internationale –dont la France- leur a donné le feu vert de lancer des offensives.

Il y a quelques mois, des audio circulaient dans les groupes WhatsApp citant nommément plusieurs personnalités dont Méckassoua avec l’appui de la France. Ce pays n’a jamais démenti ses informations et désavoué publiquement la présence de ceux qui mènent des campagnes de haine, d’incitation à la violence contre la RCA, depuis son territoire.

En ces heures graves, la nation tout entière est appelée à rester unie, vigilante et déterminée. Les forces de défense et de sécurité, appuyées par leurs alliés, traquent l’ennemi sans répit. Chaque goutte de sang innocent versée sera vengée, chaque crime recevra un châtiment exemplaire. La République centrafricaine ne pliera pas. Elle se bat, elle vaincra, et rien n’entamera sa marche inébranlable vers la paix et la souveraineté retrouvées.

Jean Ngbandi