Le jeudi 19 février 2026, s’est achevé à Bangui l’atelier de formation consacré à l’analyse des données issues des enquêtes agricoles, organisé du 2 au 19 février en partenariat avec la FAO. Cette session s’inscrit dans le cadre du Projet d’Assistance Technique pour la préparation du Recensement National Agricole (RNA) de la République centrafricaine.

Pendant près de trois semaines, les cadres du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, de l’Environnement, des Eaux et Forêts et des institutions partenaires ont été initiés à l’utilisation des logiciels spécialisés STATA et CSPro, outils essentiels pour la gestion et l’analyse des données statistiques.

Armand Bertrand Noudjeo, directeur des statistiques, de la documentation et des nouvelles techniques au ministère de l’Agriculture, et point focal du projet d’appui technique de la FAO, a rappelé l’importance historique de cette initiative. « Le recensement général de la culture date de 1985, c’est le dernier recensement », a-t-il souligné. Depuis, les données structurelles sur les productions, superficies et rendements sont devenues obsolètes, fragilisées par les crises et les perturbations multiples.

Selon lui, l’absence de données fiables empêche la mise en place de politiques agricoles adaptées et limite la capacité du pays à planifier des projets de développement. « L’agriculture, on ne peut pas avoir ces données structurelles qui permettent de faire des formulations, des nouvelles programmations et des projets de développement dans le système alimentaire du pays », a-t-il insisté.

L’atelier visait à outiller les cadres afin qu’ils puissent contribuer efficacement au futur recensement. « L’objectif recherché consiste à outiller les cadres du ministère de l’Agriculture, de l’Élevage, des collègues du ministère des Eaux et Forêts, de l’Environnement et de l’ICASEES », a expliqué Noudjeo. Il a également précisé que cette formation constitue la deuxième phase d’un processus plus large, qui inclura bientôt une édition consacrée à l’analyse cartographique.

Le directeur a rappelé que la majorité des experts ayant participé au recensement de 1985 sont aujourd’hui à la retraite ou décédés. D’où la nécessité de recourir à l’expertise internationale. « Il importe de faire recours à l’expertise de la FAO qui, sur le plan mondial, développe le programme de recensement général de l’agriculture et de l’élevage », a-t-il ajouté.

Une première phase réussie selon les formateurs

Pour Davy Eugène Mokosso, ingénieur statisticien et formateur, cette formation marque une étape essentielle. « Comme vous le savez, le recensement général agricole n’a pas été organisé depuis de nombreuses années. La Banque mondiale avait financé une enquête nationale agricole, mais les données collectées étaient insuffisantes pour mener des politiques de développement », a-t-il rappelé.

Grâce à l’appui de la FAO, les participants ont pu se familiariser avec les logiciels CSPro pour la gestion et le stockage des données, et STATA pour leur traitement et analyse. « Ce que je peux dire en termes de plus-value, c’est qu’on a maintenant des cadres qui sont formés en ces logiciels, et nous pensons qu’ils vont aider vraiment dans la mise en œuvre du recensement général de l’agriculture », a affirmé Mokosso.

Il a précisé que les bénéficiaires ont désormais atteint un niveau intermédiaire, leur permettant de concevoir des applications pour la collecte des données et d’utiliser STATA de manière autonome. La prochaine étape consistera en une formation sur les systèmes d’information géographique (SIG), indispensable pour l’analyse cartographique des données agricoles.

La FAO s’est engagée à accompagner la République centrafricaine dans la mise en œuvre du recensement général de l’agriculture, en finançant non seulement cet atelier mais aussi les phases suivantes. Pour les autorités, il s’agit d’un chantier stratégique : disposer de données fiables et actualisées pour orienter les politiques publiques, améliorer la productivité et renforcer la sécurité alimentaire.

La clôture de cet atelier marque donc une étape décisive. Elle ouvre la voie à un processus de modernisation des statistiques agricoles, attendu depuis plus de quatre décennies. Avec des cadres désormais mieux formés et des partenaires internationaux mobilisés, la République centrafricaine se prépare à franchir un cap majeur dans la connaissance et la gestion de son secteur agricole.

Dieu Beni Anderson Kabou