Les trafiquants des êtres humains sont devenus maintenant habiles en utilisant les sites internet afin de piéger les victimes. La maison de la mémoire, à l’occasion de la journée internationale de traite des personnes qui est célébrée le 30  juillet de chaque année, organise une activité de réflexion sur les instabilités que traversent le pays et qui favorisent la traite des êtres humains.

Cette activité a aussi pour objectif de promouvoir les actions pour faire cesser les crimes et redonner de la dignité aux victimes en République Centrafricaine. Cela a eu lieu le samedi 05 août 2023, à l’alliance française de Bangui.

La maison de la mémoire a organisé  une conférence débat sur le thème de l’année «chaque victime de la traite des êtres humains compte, ne laisser personne de côté». L’objectif est d’identifier, de sensibiliser et d’informer la communauté centrafricaine sur les causes profondes de la traite des êtres humains et promouvoir la protection des victimes. Les étudiants sont informés et sensibilisés sur les causes de la traite des êtres humains et de sa prévention en République centrafricaine.

Le niveau d’insécurité reste une véritable source de préoccupation, surtout dans l’arrière-pays d’où sont répertoriées des graves violations des droits de l’homme. Ces crises répétitives ont des répercussions néfastes et des effets catastrophiques sur les populations vulnérables dont la majorité sont les femmes, les enfants ou encore les civils non combattants.

En décembre 2013, l’assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 30 juillet : journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains ; une journée qui a pour objectif de soutenir une approche globale pour prévenir la traite des êtres humains, punir les trafiquants, puis protéger les victimes ainsi que leurs proches dans le plein respect de leurs droits fondamentaux.

La RCA dispose d’un arsenal juridique qui lutte contre la traite des personnes. La traite d’une personne comme la définition de convention  Palerme dit : «  c’est l’effet de recruter,  transporter, héberger  et amener  des gens dans un autre endroit dans le but de les exploiter ». Alors, il y a plusieurs sortes d’exploitation. Cela  peut être une exploitation à la prostitution, l’exploitation pour le travail forcé, par exemple les enfants qui sont recrutés contre leur gré dans les groupes armés et qui parfois travaillent pour les personnes adultes.

Jocelyn Ngoumamgo est un magistrat. Il donne plus de détails sur les textes interdisant la traite des personnes en RCA : «Sur le point international, la RCA a signé une convention sur la traite des personnes dite convention de Palerme de 2000 avec tout un protocole qui interdit, lutte et milite contre la traite des personnes. Maintenant, il y a plusieurs conventions  qui d’une manière ou d’une autre parlent  de la traite des personnes.  Notamment, si l’on prend la convention internationale sur le droit de l’enfant, contre toutes les violences qui sont faites aux femmes, toutes ces conventions que  la RCA a ratifiées, la charte africaine pour le droit de l’enfant aussi est déjà ratifiée au point international. Maintenant, au point national, nous avons le code pénal de 2010 qui a été révisé et qui a intégré en son sein une disposition qui parle exclusivement de la traite des personnes.  C’est l’article 151 qui a repris la définition de la traite des personnes dans la  convention de Palerme de 2000».

Il est extrêmement difficile d’avoir des statistiques exactes et complètes car les victimes ont tendance à se taire, à enfouir leurs traumatismes, par peur des représailles, dans un pays où la justice reste difficile à instaurer.

Les victimes sont aussi confrontées à la pression sociale, au rejet de la communauté, à la stigmatisation et bon nombre d’entre elles se retrouvent souvent à côtoyer les auteurs et complices desdits crimes. Un ensemble de situations qui les isolent, les excluent et contribuent à l’accentuation des traumatismes qu’elles subissent déjà.

Un engagement politique

En République Centrafricaine, les principales victimes de la traite des personnes sont les personnes vulnérables, surtout les femmes, les filles et les enfants.

Devant l’ampleur de ce fléau, et pour intensifier la lutte que nous avons engagée, le président de la République Faustin Archange Touadéra avait promulgué la Loi sur la Traite des Personnes en République Centrafricaine.

Durant tout le mois de juillet 2023, les populations de Bimbo, Bégoua, Bangui, Damara et Boali ont été sensibilisées sur la question.

« Notre objectif est de n’abandonner aucune victime de la traite à son sort. J’exhorte la société civile à s’impliquer davantage dans cette lutte, qui doit être une affaire de toutes les composantes de la société centrafricaine », a déclaré lundi 7 aout le président Touadéra, à l’occasion de la célébration en différée de cette journée en Centrafrique.

Dorcas Bangui Yabanga