La disparition de jeunes filles en âge de puberté suscite une vive inquiétude à Bangui et dans ses périphéries. Ces derniers temps, ce phénomène semble devenir de plus en plus fréquent. Presque chaque jour, des avis de recherche sont publiés par des familles à la recherche de leurs filles disparues. Face à cette situation, de nombreux parents s’interrogent sur les causes de ces disparitions et appellent à une vigilance accrue pour protéger les enfants.
Aujourd’hui, les cas de disparition de jeunes filles sont de plus en plus signalés en République centrafricaine. Les adolescentes concernées sont généralement âgées de 13 à 16 ans. Si certaines sont retrouvées ou reviennent d’elles-mêmes après quatre ou cinq jours, ces disparitions plongent néanmoins leurs familles dans l’angoisse et le désespoir.
Pour Renaud Clotaire Kemarmadji, ces disparitions répétées relèvent avant tout de la responsabilité des parents. « Ces disparitions sont récurrentes. La responsabilité incombe en grande partie aux parents, car c’est à eux de veiller sur leurs enfants. Tout dépend de l’éducation qu’ils leur donnent. Si un enfant reçoit une bonne éducation de base, il lui sera plus difficile de s’égarer, de s’éloigner de sa famille ou de quitter son domicile. »
De son côté, Ivette estime que le manque de surveillance parentale et l’absence d’une éducation fondée sur les valeurs sont des facteurs importants. « À la naissance, un enfant est peu conscient des réalités de la vie. Le problème commence avec les parents. S’ils éduquent bien leurs enfants, notamment à travers les valeurs religieuses et l’école, ils seront moins influençables. Les enfants reproduisent souvent ce qu’ils voient chez leurs parents. J’encourage aussi les jeunes à être obéissants envers leurs parents. »
Pour Clotilde Yakoké, le suivisme, les mauvaises fréquentations et certaines situations familiales difficiles favorisent également ces disparitions.
« Le suivisme peut avoir des conséquences négatives. Lorsqu’une jeune fille estime qu’elle n’a pas de liberté à la maison, elle peut être tentée de poser des actes qu’elle n’aurait jamais envisagés. Il y a aussi le cas des orphelines confiées à des proches, qui peuvent subir de mauvais traitements les poussant à quitter leur foyer. Mon conseil aux jeunes filles est de maintenir un dialogue permanent avec leurs parents afin de mieux comprendre les réalités de la vie. »
Face à cette situation préoccupante, plusieurs familles lancent un appel aux autorités afin de renforcer les campagnes de sensibilisation à destination des jeunes filles. Elles estiment qu’il est essentiel de promouvoir l’éducation, la maîtrise de soi et le dialogue familial. Pour elles, derrière chaque disparition se cache une vie bouleversée et une famille meurtrie. Elles rappellent que ce phénomène est bien réel et que l’avenir de la jeunesse centrafricaine en dépend.
Roseta Claudette GREBOUTOU

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