Lors d’un point de presse tenu ce samedi à Bangui, Albert Yaloké Mokpeme, Ministre Conseiller et Porte-Parole de la Présidence de la République, s’est exprimé sur plusieurs sujets d’actualité, dont la nomination du Premier ministre. Ses propos ont permis de lever le voile sur les raisons et les symboles entourant la reconduction de Félix Moloua à la tête du gouvernement, tout en évoquant les relations internationales et les traditions institutionnelles qui rythment la vie politique centrafricaine.
Un sujet attendu, la nomination du Premier ministre :
Dès l’ouverture de son intervention, Albert Yaloké Mokpeme a reconnu que « le sujet chaud du moment » était bien la nomination du Premier ministre, une décision réclamée depuis plusieurs semaines par l’opinion publique. Il a rappelé que le président de la République avait pris le temps nécessaire pour consulter, observer et attendre la stabilisation des institutions avant de trancher.
Le décret présidentiel, rendu public le 15 mai au Palais de la Renaissance par le ministre d’État et directeur du cabinet Obed Namsio, a confirmé la reconduction de Félix Moloua. Pour Mokpeme, cette décision doit être perçue comme « une marque de confiance » et un signe de continuité dans les engagements pris par le chef de l’État. Le Premier ministre est désormais chargé de former un nouveau gouvernement dans les prochains jours.
Le porte-parole a tenu à rappeler la tradition républicaine : après des élections législatives, le Premier ministre en place présente sa démission au président de la République. Ce dernier, après consultations, nomme un nouveau chef de gouvernement ou reconduit l’ancien. Dans le cas présent, Félix Moloua a été confirmé, illustrant la volonté présidentielle de maintenir une ligne de stabilité.
Albert Yaloké Mokpeme a expliqué que le processus avait pris plus de temps que d’ordinaire, en raison de la session extraordinaire de l’Assemblée nationale. Celle-ci devait consacrer les nouveaux députés, élire le bureau et atteindre le quorum nécessaire. Ce n’est qu’une fois cette étape franchie que le président a pu procéder à la nomination, en toute visibilité sur la nouvelle configuration parlementaire.
La confiance renouvelée en Félix Moloua :
La reconduction de Félix Moloua n’est pas anodine. Elle traduit la volonté du président de la République de poursuivre les engagements déjà amorcés. Mokpeme a insisté sur le fait que cette décision s’inscrivait dans une logique de continuité, essentielle pour la stabilité politique et institutionnelle du pays. Le Premier ministre aura désormais la tâche de former un gouvernement représentatif, en tenant compte des équilibres politiques et des attentes des citoyens.
Au-delà de la politique intérieure, Mokpeme a évoqué les activités diplomatiques du président de la République, notamment son déplacement au sommet de Nairobi et les audiences tenues à Bangui et à l’étranger. Ces rencontres illustrent l’importance des partenariats internationaux dans la stratégie du pays.
Il a également mentionné la célébration du 9 mai par les partenaires russes, commémorant la victoire sur l’Allemagne nazie. Mokpeme a souligné la portée historique de cet événement pour la Russie, rappelant les lourdes pertes humaines subies à l’époque. La participation du président de la République à ces festivités, aux côtés de journalistes et de jeunes centrafricains formés à la Maison russe, témoigne de la vitalité du partenariat entre Bangui et Moscou.
La règle des ministres élus députés :
Un autre point abordé concerne la situation des députés élus qui peuvent être appelés à occuper des fonctions ministérielles. Mokpeme a précisé que, selon la règle, un député élu doit siéger à l’Assemblée nationale. Toutefois, le pouvoir discrétionnaire du président de la République lui permet de rappeler certains députés pour intégrer le gouvernement. Dans ce cas, le suppléant du député prend sa place au Parlement. Cette flexibilité institutionnelle permet d’adapter la composition du gouvernement aux besoins politiques et stratégiques du moment.
Au fil de son intervention, Mokpeme a cherché à rassurer et à clarifier. La reconduction de Félix Moloua n’est pas une surprise, mais bien une décision réfléchie, inscrite dans le respect des traditions républicaines et dans une logique de confiance. Le Premier ministre dispose désormais de toute latitude pour consulter, former son équipe et présenter un gouvernement qui sera validé par le président.
Ce point de presse a également permis de rappeler l’importance des relations internationales et des partenariats stratégiques, notamment avec la Russie, tout en soulignant la continuité institutionnelle qui caractérise la vie politique centrafricaine.
En reconduisant Félix Moloua, le président de la République a choisi la stabilité et la continuité. Mokpeme, en porte-parole avisé, a su mettre en lumière les raisons de ce choix et les implications pour l’avenir. Dans un contexte où les attentes citoyennes sont fortes et où les équilibres institutionnels doivent être respectés, ce message apparaît comme une volonté de sérénité et de cohérence.
La Centrafrique, à travers cette décision, confirme sa détermination à avancer dans la stabilité, tout en consolidant ses partenariats internationaux et en respectant ses traditions républicaines.
Dieu Béni Anderson Kabou

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