En Centrafrique, rien ne se perd, tout se transforme. Les objets usés, tels que le fer, le plastique, le bronze et le cuivre, sont récupérés puis vendus sur le marché. Cette activité implique principalement des jeunes désœuvrés et déscolarisés, leur permettant de gagner de quoi subvenir à leurs besoins quotidiens.

Dans les quartiers et sur les dépôts d’ordures, ces jeunes parcourent de longues distances pour ramasser de vieux morceaux de fer. Il peut s’agir de carcasses de voitures, de seaux ou de tout autre objet métallique, dans l’espoir de les revendre à des démarcheurs étrangers qui les utilisent ensuite pour l’extraction dans des usines de transformation.

« Nous parcourons des kilomètres dans les quartiers pour ramasser ces morceaux de fer, puis nous revenons les vendre aux démarcheurs. En ce qui concerne les prix, je préfère ne rien dire, car il s’agit du secret de la poubelle », affirme Saint Cyr, l’un des ramasseurs.

Ces ventes sont devenues courantes non seulement chez les jeunes désœuvrés, mais aussi chez des particuliers qui possèdent des pièces métalliques à domicile. C’est le cas des vieilles voitures dépiécées.

« On nous a fait savoir que les Nigérians et les Camerounais achètent ces fers, car ils n’ont plus de raison de rester immobiles dans nos parcelles. Il est donc préférable de les revendre, même si elles ne coûtent pas une fortune… mais cela nous aide quand même ! » Ajoute Daniella, une jeune maman.

Cependant, entre récupération et vente, les ferrailleurs rencontrent de nombreuses difficultés dans l’exercice de leur activité. Une situation expliquée par Gaoussou Sylla :

« Comme vous le voyez, monsieur le journaliste, nous sommes une association de ferrailleurs. Mais il faut dire qu’ici, nous avons beaucoup de problèmes avec certains ramasseurs. Il arrive qu’ils volent des pièces métalliques appartenant aux habitants du quartier pour venir nous les vendre. Face à ces situations, nous ne subissons que des pertes. »

D’une part, cette activité permet aux acteurs impliqués d’en tirer profit et contribue également à l’assainissement de l’environnement en débarrassant le pays de déchets métalliques. D’autre part, après la transformation de ces fers, le pays importe à nouveau les produits finis, largement présents sur les marchés de Bangui.

BVIII Pappus Héritier