Suite aux conflits qui ont éclaté en avril dernier au Soudan voisin, la chaîne d’approvisionnement en marchandises de la ville de Birao est brisée.
Ce qui engendre d’énormes inflations sur les prix des produits de première nécessité à Birao, une ville qui se ravitaille par le Soudan et le Tchad. Difficile de joindre les deux bouts, les commerçants et les habitants de Birao se plaignent.
Birao, une ville située au nord de la Centrafrique à plus de 1000 km, est isolée de la capitale Bangui pour des raisons de communication par voie routière très déplorable. cette ville fait frontière avec le Tchad d’une part et le Soudan d’autre part. Ce sont ces deux pays qui ravitaillent Birao en produits de première nécessité, carburant et autres vivres. Mais avec la crise depuis quelques mois au Soudan et les intempéries qui viennent aussi fréquemment, la ville de Birao est sevrée de son approvisionnement. Ce qui occasionne une inflation démesurée des prix de presque toutes les marchandises.
Un sac de sucre qui se vendait à 60.000 f CFA se vend aujourd’hui à 120.000 f à Birao. Une ville où les habitants consomment beaucoup de sucre pour leurs thé appelé communément le « tchaï ». La farine, le sel, l’huile etc sont devenus des denrées très rares à cause de leurs prix.
Aché une vendeuse des condiments au marché Minusca, mère de foyer se lamente de la situation qui devient dure de plus en plus : « nous nous ravitaillons aujourd’hui auprès de ceux qui ont fait des réserves et ils nous vendent les choses plus chères. Autrefois, nous achetons la casserole de l’ail à 1500 f mais aujourd’hui c’est à 3000f, la casserole du sel à 3500f, celui du piment à 5000f et 750f pour le manioc. Nous ne faisons pas de bénéfices et nous nous soucions beaucoup de nos enfants qui n’ont parfois rien à manger dans cette situation qui ne fait que s’empirer de jour en jour ».
Ce même avis est partagé par Moussa vendeur de divers dans ce même marché : « Je vends du sucre, du savon, de la farine et des autres divers. Maintenant nous achetons le sac du sucre à 125.000f le prix a tellement augmenté que nous même ne savons comment revendre en détails. Il n’y a quasiment pas de route pour acheminer les marchandises à Birao. Ce qui entraîne ce désagrément, maintenant nous misons sur les dernières réserves qui nous restent si jamais c’est finit et que d’autres n’arrivent pas, nous craignons le pire »,a-t-il souligné.
Si du côté de Soudan la crise empêche les activités économiques, du côté de Tchad c’est plutôt la route qui devient impraticable en cette saison pluvieuse. Étant sablonneux au départ avec des marécages ça et là, l’inondation gagne du terrain sur la grande voie qui mène à la frontière Tchadienne. Le contexte économique actuel à Birao devient très inquiétant car malgré l’état défectueux des routes d’approvisionnement par la frontière Tchadienne, certains commerçants préfèrent vendre leurs marchandises au Soudan à un prix excédentaire. Ce qui complique de plus en plus la situation. Amoindrie, la population de Birao lance des cris d’alarme…
Belvia Espérance Refeïbona

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