Tout le personnel de la mairie de Bangui est en grève à partir du mardi 26 septembre, ce pour trois jours. Les manifestants réclament leurs arriérés de salaire qui s’élèvent à plus de 9 mois. Tous les services sont paralysés. La rédaction de l’Oubangui Médias était présente lors de cette manifestation.

Très tôt ce matin, les fonctionnaires de la Mairie de Bangui, les femmes balayeuses, les policiers municipaux, munis des sifflets d’autres ont ténu des banderoles où on pouvait lire: « le personnel de la mairie de Bangui trop, c’est trop. Payez nos arriérés de salaire. Versez nos cotisations sociales à la CNSS (ndlr Caisse Nationale de Sécurité Sociale) et à la direction générale des Impôts ».

Privat, l’un des grévistes revient sur les motifs de ce mouvement de mécontentement : « Nous réclamons nos deux mois d’arriérés de salaire pour les fonctionnaires intégrés de la Mairie de Bangui et neuf mois d’arriérés pour les femmes balayeuses. Nous réclamons aussi le versement des cotisations sociales que l’on soustrait sur nos salaires sans verser à la CNSS.  Pour preuve, les retraités de la Mairie de Bangui n’ont pas de pension et ils souffrent ».

Il a poursuivi en disant qu’ils revendiquent aussi la situation des fonctionnaires de la Mairie de Bangui dont leurs salaires étaient suspendus par arrêté du maire Émile Gros Raymond Nakombo depuis 2017 : «  Généralement, les salaires sont suspendus parfois pour huit jours, un mois où trois mois, mais depuis 2017 malgré que la justice a demandé que ces fonctionnaires reprennent le travail et perçoivent normalement leurs salaires. Mais l’applicabilité de cette décision de la justice par le Maire pose problème », a-t-il évoqué.

Les grévistes réclament aussi l’intégration des policiers municipaux qui sont en stages depuis cinq ans. Ceux-ci avaient manifesté il y a un mois sans avoir une réponse quelconque de la part de l’Administration de la Mairie, alors qu’elle est minée par de nombreuses affaires de détournement et de malversation financière.

De leur côté, les femmes qui nettoient la ville ont aussi des soucis. L’une des grévistes balayeuses âgée d’une soixantaine d’années sous couvert de l’anonymat n’a pas caché son ras-le-bol : «  On sort chaque 4 h du matin pour balayer les voies publiques, mais on ne nous achète même pas les balais ni les autres outils pour nettoyer les bords des routes. Malgré tout, on se débrouille pour respecter les clauses du contrat mais au retour on ne perçoit pas nos salaires normalement, c’est pourquoi on est sorti pour exprimer notre mécontentement. On nous paye seulement trois mille francs CFA chaque deux semaines au lieu de 10.000 comme au début. La mairie doit nous payer dix mille francs CFA chaque deux semaines », s’est-t-elle lamentée.

L’impact négatif se fait sentir

Miguel Atambika vient légaliser son acte de naissance mais n’a pas pu le faire à cause de mouvement de colère. Il demande au gouvernement d’intervenir afin d’arrêter l’hémorragie : « C’est ce matin que je suis venu légaliser mon acte de naissance pour entamer les procédures de ma carte d’identité nationale. Là,  je suis tombé sur cette grève. Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe. Il faut que le gouvernement s’approche du personnel de la mairie pour trouver une solution. Ces personnes travaillent durement, et même la Bible est claire là-dessus. Tout ouvrier mérite son salaire ».

A titre de rappel, c’est après une assemblée générale du personnel de la mairie centrale le 22 septembre dernier qu’ils ont décidé d’entrer en grève générale ce 26 septembre pour trois jours et s’il n’y a pas de terrain d’entente, ils vont prolonger jusqu’à huit jours.

Elle intervient au moment où le premier citoyen de la ville de Bangui n’est pas au pays. Selon nos informations il serait en mission à l’extérieur du pays et personne pour répondre aux préoccupations de l’Oubangui Médias car, même le secrétaire général de la Mairie soutien ce mouvement. David Gbeti avait dénoncé une gestion opaque du Maire de Bangui, Emile Gros Raymond Nakombo il y a presque deux mois. Sa sortie médiatique était révélatrice de nombreuses situations désastreuses dont traverse la Marie de Bangui qu’il y a rejoint il y a presque une année.

Notons que le président de la première délégation de la ville de Bangui Emile Gros Raymond Nakombo a fait l’objet des critiques ces derniers temps par ses proches collaborateurs mais l’intéressé ne s’est pas prononcé jusqu’à lors et refuse de le faire.

Depuis plus de 35 ans, les Maires sont nommés par le Président de la République à défaut des élections municipales. Ceux-ci ont de compte à rendre à personne sauf au chef de l’Etat qui dispose de pouvoir de la nommer ou de le démettre. Les députés de la Nation avaient aussi demandé il y a plus d’une année la démission ou le limogeage du maire de Bangui pour mauvaise gestion. Plusieurs autres rapports sont faits sur lui, même par le département de l’administration du territoire. L’ancien candidat à la présidentielle 2016 et soutien du président Touadéra est toujours en place.

Milca Bissidi