Comment signaler les exploitations et abus sexuels,  les violences basées sur le genre commis par le personnel de la Minusca envers les personnes vulnérables en République Centrafricaine ? C’est cette préoccupation qui a été au centre d’une formation au profit de 22 professionnels des médias.  Une activité du réseau des professionnels des medias pour la lutte contre l’exploitation et abus sexuels (RPM-EAS/VBG) en partenariat avec la Minusca. 

Du 06 au 07 janvier 2023, les membres du RPM-EAS /VBG ont pris part à cette formation organisée par la Minusca. Plusieurs thématiques ont été débattues lors de cette formation entre autres l’exploitation et abus sexuel. Ce renforcement des capacités va permettre aux participants, qui sont des membres du réseau des journalistes pour la lutte contre les VBG d’aller former d’autres personnes à Bangui ainsi qu’à l’intérieur du pays sur le mécanisme de signalement de ces abus sexuels.

Pascal Isidore Bouténé, coordonnateur de ce réseau s’explique en ces termes : « C’est depuis le mois de juin que nous avons mis en place notre coordination.  Il  était question pour nous de  faire cette formation pour nous permettre de comprendre ce qui nous attend sur le terrain. Il est question aussi pour nous après cette formation,  de penser à nos confrères de l’arrière-pays qui n’ont pas encore reçu une telle formation dans le domaine de la lutte contre l’exploitation et l’abus sexuel».

Alexander Cudgenslhey, Officier de conduite de discipline à la Minusca montre l’importance de cette formation : « La Minusca dans son approche de prévention  travaille pour sensibiliser la population locale sur les  conduites à tenir du personnel des Nations-Unies,  de la Minusca en particulier sur les mécanismes du signalement qui existent au sein du système des Nations Unies. Si jamais quelqu’un est témoins d’un acte qui peut être aperçus comme faute et commis par le personnel de la Minusca,  il doit savoir exactement quel est le canal qu’il  faut utiliser pour rapporter et signaler les faits de bonne foi.  Les signalements peuvent se faire à travers le numéro vert 40.44 accessible à toute la population ».

Selon le formateur, le renforcement des capacités de ce réseau des professionnels des medias, à travers une coordination qui est très solide, très engagé, est une étape importante qui leur permettra de sensibiliser les couches les plus vulnérables qui sont les femmes et filles, ceux-là qui n’ont pas accès à l’information sur le standard de conduite à tenir du personnel des Nations-Unies et aussi la politique de tolérance Zéro du secrétariat général vis-à-vis de toute forme de faute commis par le personnel de la Minusca,  notamment  les allégations d’acte d’exploitation et d’abus sexuels.

Les questions de signalement d’abus sexuels dans la population générale et au sein des agents des Nations-Unies reste un défis pour la population qui ne maitrise pas les mécanismes et particulièrement pour les professionnels des médias.

Alors que ces cas sont régulièrement signalés au sein de la population générale, les allégations ne cessent de cibler les forces et personnels des Nations-Unies, principalement de la Minusca.

L’engagement des professionnels des médias est perçu comme une étape importante pour intensifier la lutte contre l’exploitation et abus sexuels en Centrafrique, dont les cas des viols et des VBG ne cessent d’augmenter dans le pays.

Dorcas Bangui Yabanga