Le gouvernement centrafricain poursuit son ambition de sécuriser et moderniser les corridors économiques du pays, un enjeu majeur pour la stabilité, l’intégration régionale et la croissance.
Lors du Conseil des ministres du 23 juillet 2026, le ministre chargé du Secrétariat général du Gouvernement et des Relations avec les institutions de la République a présenté la synthèse des travaux de l’atelier consacré à la protection des corridors économiques, tenu du 15 au 17 juillet 2026 à Bangui sous la présidence de Félix Moloua, Premier ministre, Chef du gouvernement de stabilisation et de transformation.
Cet atelier de haut niveau avait réuni les présidents des institutions de la République, les membres du gouvernement, les partenaires au développement, les organisations régionales, le secteur privé et les partenaires sociaux. Cette mobilisation multisectorielle témoigne de l’importance stratégique accordée à la question des corridors, véritables artères vitales pour l’économie nationale et régionale.
Inscrit dans la vision politique du Président de la République, le professeur Faustin Archange Touadéra, cet atelier s’est donné pour objectif de renforcer la protection du patrimoine routier national, d’améliorer la fluidité des échanges commerciaux et de transformer les corridors économiques en leviers de croissance, d’intégration régionale et de développement durable. Le gouvernement entend ainsi consolider les fondations d’une économie résiliente, capable de soutenir la transformation du pays.
Des défis majeurs à relever
Les diagnostics établis par les participants ont mis en lumière plusieurs défis majeurs. Malgré une position géographique stratégique, le niveau d’intégration régionale demeure faible. Le réseau routier souffre d’une dégradation avancée, aggravée par l’absence de stations modernes de pesage, la surcharge chronique des poids lourds et l’insuffisance des ressources du Fonds d’entretien routier. À cela s’ajoutent la faiblesse du système de collecte des recettes routières, les lacunes dans la gouvernance du secteur, la multiplicité des contrôles ralentissant le trafic, le manque de digitalisation et des infrastructures logistiques limitées.
L’analyse de la situation actuelle a toutefois mis en exergue plusieurs initiatives structurantes déjà engagées par le gouvernement. Parmi elles figurent le projet d’amélioration des corridors routiers et fluviaux, la réhabilitation du corridor économique Douala–Bangui, la construction du corridor multimodal Pointe-Noire–Brazzaville–Bangui–N’Djamena, ainsi que le projet de construction du pont Bangui–Zongo et du corridor Bangui–Kisangani–Bujumbura. Ces projets témoignent de la volonté de l’État de moderniser les infrastructures stratégiques et de renforcer les connexions régionales.
Au terme des travaux, l’atelier avait formulé soixante recommandations articulées autour de trois axes majeurs : le renforcement des infrastructures de connectivité et des infrastructures socio-économiques de base le long des corridors ; l’optimisation des coûts, la facilitation du transit, la digitalisation et l’amélioration de la gouvernance ; enfin, le financement et la pérennisation des infrastructures. Le Conseil des ministres en a pris acte, confirmant ainsi l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre ces orientations.
À travers ces efforts, la République centrafricaine réaffirme sa détermination à protéger ses corridors économiques, à sécuriser les échanges et à créer les conditions d’un développement durable. Ces initiatives s’inscrivent dans une vision de transformation nationale où les infrastructures, la gouvernance et l’intégration régionale deviennent des piliers essentiels de la croissance et de la stabilité.
Jean Ngbandi

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