Le président Faustin-Archange Touadéra a prêté serment pour l’avènement de la 7e République le lundi 30 mars dernier au Complexe sportif de 20 000 places à Bangui. Dans son discours, il a clairement évoqué une lutte acharnée contre les maux qui freinent le décollage du pays. Cette lutte concerne plusieurs secteurs, dont certains sont évoqués dans cet article. Selon lui, il ne s’agit pas de simples promesses, mais plutôt d’instructions fermes adressées aux agents de chaque secteur.

La République centrafricaine a franchi un nouveau cap le lundi 30 mars à travers la prestation de serment du président Touadéra pour la 7e République. Au cours de son allocution, il a redonné espoir et assurance au peuple centrafricain en annonçant son engagement à améliorer, renforcer et redynamiser l’ensemble des secteurs de la vie nationale. Il s’est notamment engagé à améliorer l’accès à l’éducation et à la santé pour tous.

Concernant l’éducation, cette amélioration doit d’abord passer par la formation des cadres éducatifs. Depuis plusieurs années, la baisse du niveau scolaire est devenue préoccupante dans le système éducatif du pays. Ce problème est notamment lié au phénomène des maîtres-parents, présent aussi bien dans la capitale que dans les autres villes du pays. Aujourd’hui, l’éducation en RCA semble devenir un privilège réservé aux plus riches, dont les enfants fréquentent les meilleurs établissements privés, tandis que ceux des familles modestes sont scolarisés dans les établissements publics souvent en difficulté. L’État centrafricain doit donc prendre ses responsabilités en formant des enseignants qualifiés, du fondamental 1 jusqu’à l’université. L’éducation doit être accessible à tous.

La question de la santé demeure également cruciale. Si la vie n’a pas de prix, l’accès aux soins reste néanmoins un problème majeur en RCA. Beaucoup de médecins préfèrent exercer dans des cliniques privées plutôt que dans les hôpitaux publics. Par ailleurs, certains personnels soignants manquent de formation adéquate et se livrent parfois à des pratiques qui dépassent leurs compétences. De nombreux Centrafricains hésitent désormais à se rendre à l’hôpital par manque de confiance envers le personnel soignant. La population aspire à disposer d’hôpitaux modernes avec un personnel qualifié et des équipements adaptés.

Le chef de l’État a également évoqué la construction d’infrastructures, notamment les routes, les chemins de fer, les installations énergétiques et les réseaux d’eau potable. En effet, il est difficile de parler de développement sans infrastructures adéquates. Or, le pays en manque cruellement. Il est nécessaire de construire des écoles, des centres de formation et des hôpitaux dotés d’équipements modernes.

La question de l’énergie constitue également un défi majeur. La RCA ne dispose que d’une seule société énergétique, l’ENERCA, qui, malgré ses efforts, ne parvient pas à couvrir l’ensemble du territoire national en raison de ses capacités limitées et de l’état de ses installations. Même dans la capitale, les délestages sont fréquents. Il devient urgent de développer le système énergétique du pays.

Depuis l’indépendance jusqu’à ce jour, la RCA ne dispose toujours d’aucun chemin de fer, pourtant essentiel pour les échanges commerciaux avec les pays voisins. Par ailleurs, avec le financement de la Banque mondiale à travers divers projets, le gouvernement a lancé plusieurs travaux de construction de routes. Cependant, certains chantiers sont actuellement à l’arrêt et devraient être relancés, aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays, afin de faciliter la circulation des personnes, des biens et des services.

L’accès à l’eau potable constitue également une priorité pour les populations, tant dans la capitale qu’à l’intérieur du pays. Pendant la saison sèche, l’approvisionnement en eau devient particulièrement difficile pour de nombreux ménages. Il est donc impératif que le gouvernement développe les infrastructures d’eau potable sur l’ensemble du territoire national.

Par ailleurs, le gouvernement doit mettre en place des mécanismes efficaces pour protéger l’environnement, préserver et valoriser les ressources naturelles du pays. La déforestation, la coupe anarchique du bois et certaines pratiques d’exploitation incontrôlées aggravent les risques liés au changement climatique. Il est donc nécessaire de mieux surveiller les zones forestières afin d’éviter l’exploitation abusive des ressources naturelles.

Enfin, la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale reste une question fondamentale. Aujourd’hui encore, la souveraineté nationale semble fragile. Des étrangers entrent parfois sur le territoire national sans contrôle suffisant. Les frontières doivent être mieux surveillées par les forces de défense et de sécurité. Certaines portions du territoire centrafricain seraient même occupées par des étrangers, ce qui constitue un danger pour le pays. Le gouvernement devra mener des actions diplomatiques ou, si nécessaire, sécuritaires pour garantir le contrôle total du territoire.

La République centrafricaine a longtemps souffert de problèmes de gouvernance dans plusieurs domaines. Avec l’avènement de la 7e République, le président Faustin-Archange Touadéra ambitionne de relever ces défis afin de redresser le pays. Le processus est désormais lancé et les Centrafricains attendent de voir si ces engagements se traduiront par des actions concrètes.

Caleb Zimango Bango