Le député de la première circonscription du quatrième arrondissement de Bangui, Dominique Yandocka a été arrêté et transféré à la Section de Recherche et d’Investigation (SRI) de la gendarmerie nationale, sans aucun mandat d’arrêt du procureur général près de la Cour d’appel de Bangui. Mais après plusieurs communiqués de certains leaders de l’opposition dénonçant les circonstances de son arrestation, le procureur près de la Cour de Bangui Benoît Narcisse Foukpio a brisé le mutisme pour se prononcer sur cette affaire après quatre jours de détention.
Réaction du parquet
Selon un communiqué rendu public ce lundi 19 décembre 2023, signé par Benoît Narcisse Foukpio, le Procureur de la République soutient que cette arrestation fait suite à un « complot de déstabilisation du pouvoir de Bangui » dont le responsable du mouvement Initiative pour une Transformation par Action (ITA) serait de connivence.
Les premières investigations selon lui font état de ce que « Monsieur Dominique Yandocka, de nationalité centrafricaine s’était entretenu avec un groupe de personnes bien identifiées dans l’optique de mobiliser de l’argent et d’acheter les équipements militaires en vue de renverser l’ordre constitutionnel par un coup d’Etat », peut-on lire dans ce communiqué.
Sur la question de l’Immunité parlementaire dont il jouit, le procureur précise : « Il convient de souligner que l’article 105 alinéa 4 de la Constitution du 30 août stipule que : le député pris en flagrant délit, après la commission des faits délictueux où criminels peut-être poursuivi où arrêté sans l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale ».
Ce communiqué n’a pas mentionné les noms des personnes qui auraient comploté avec le SG du mouvement ITA Dominique Yandocka.
Une accusation qui ne tient pas debout selon certains acteurs politiques et les membres du mouvement politique de Dominique Yandocka.
Le mouvement ITA qui a aussitôt rendu publique un communiqué de presse signé par le SG adjoint Claude Martial Besse qualifie l’arrestation de son SG d’arbitraire et selon lui, son leader bénéficie d’une immunité parlementaire.
Selon eux, cette accusation est le fruit d’une imagination.
Difficile pour nous de confirmer si oui ou non ce dernier est impliqué dans un complot d’un quelconque coup d’Etat contre le pouvoir de Bangui. A ce que l’on sache, le député de la première du quatrième arrondissement de Bangui et deux de ses collègues députés à savoir Anicet Georges Dologuélé de l’URCA et Martin Ziguélé du MLPC, tous avaient signé un communiqué dans lequel ils ont nié la légitimité de la nouvelle constitution du 30 août 2023. Une position qui n’est pas du tout appréciée par les proches du président Touadéra.
Tracasserie à l’assemblée et réactions du PAN
Il y a quelques semaines, le Président de l’Assemblée Nationale avait décidé de suspendre les indemnités de ces trois députés qui, résidant en France ne participent pas aux sessions parlementaires.
Il est à noter que dès son retour d’une mission à l’extérieur du pays, Simplice-Mathieu Sarandji, président de l’Assemblée nationale a accordé une interview à nos confrères de la radio nationale sur cette affaire. Le numéro de l’Assemblée nationale n’a ni condamné cette arrestation moins encore exigé la libération de son collègue mais il a indiqué que le bureau de la deuxième institution du pays va convoquer dans les jours à venir le ministre d’Etat de la Justice Arnaud Djoubaye Abazène et de son collègue de la sécurité publique pour qu’ils puissent donner des explications sur cette affaire.
Qui dit vrai ?
Selon les informations de l’Oubangui Médias, tout ne serait qu’habillage. Le fond de son histoire se trouverait dans l’affaire de la gestion de la Carte Nationale d’Identité dont le marché lui a été arraché pour une société étrangère.
Cette histoire portée devant la cour commune d’arbitrage et de justice de l’OHADA aurait donné raison à Dominique Yandocka et enjoint le gouvernement à payer des sommes colossales au député Yandocka en termes de dommages et intérêts.
Le Directeur de la Centrafrique Carte Systèmes (CCS) avait préfinancé les activités de la société de fabrication de la CNI et des documents sécurisés à plus de 3 milliards de FCFA et crée 6 000 emplois selon son propre bilan. Là, il n’était pas encore député.
Pour le moment, ces informations ne sont pas encore confirmées par le gouvernement. Mais, cette détention soulève plus d’inquiétude en milieu politique mais surtout auprès des organisations de défense des droits de l’Homme. Enfin de compte, son arrestation semble être politique.
Christian Steve SINGA /Fridolin Ngoulou

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