Une cérémonie de remise officielle du premier lot d’engins agricoles a été organisée au ministère de l’agriculture, mardi 10 mai 2022 à Bangui. Ceci, en présence du Premier ministre Félix Moloua, accompagné de l’ambassadeur de l’Union Européenne et les ministres de l’agriculture et celui du commerce.

En effet, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’Appui à la Promotion de l’Entrepreneuriat en milieu Rural (PAPEUR_R) financé par l’Union Européenne à travers le Fonds Bêkou, un lot de 10 tracteurs et un bulldozer avec leurs ont été remis officiellement pour la mécanisation de l’agriculture en Centrafrique.

Cette remise marque aussi le début du lancement de l’opération de mise à disposition d’équipements agricoles  aux coopératives qui permettra d’enclencher les travaux de mécanisation agricole par les sociétés coopératives structurées.

Douglas Carpenter, l’ambassadeur de l’Union Européenne lors de cette remise a déclaré: « Je suis certain que le Centre pour le Commerce International (ITC) mettra tout en œuvre pour se conformer au nouveau calendrier et redoublera ses efforts pour rattraper les retards accumulés. J’encourage ITC et tous les partenaires à travailler dans un esprit de gestion durable des espaces ruraux et d’évaluer constamment la vulnérabilité des bénéficiaires aux changements climatiques et environnementaux dans le but de les aider à trouver des solutions pour atténuer celle-ci ».

 « Des engins agricoles et équipements industriels pour la transformation sont attendus à Bangui dans les prochains mois entre  autres : 20 tracteurs, 1 chargeur, des machines de broyage, de nettoyage des grains, de remplissage de la farine, de tronçonneuses, de charrues, d’égraineuses et récolteuses de maïs etc », a souligné la même source.

Pour le Premier Ministre Félix Moloua : « ces engins sont arrivés à point nommé car nous avons connu de différentes crises comme impacte au niveau de la sécurité alimentaire et le mal que nous avons enregistré dans la chaine de production. C’est l’occasion où a jamais d’organiser les populations en coopérative de telle manière à ce que les ménages puissent tirés bénéfices de ces engins ».

Le cycle de l’éternel recommencement doit être coupé

Ces engins sont destinés à la population centrafricaine, ce n’est pas un certain nombre d’individu qui va s’accaparer de cela, pour mettre en location  à qui il veut ou pour dépiécer et aller vendre. Il doit avoir des dispositions de telle manière en cas d’infraction sur ces engins par les utilisateurs. Car ces engins devraient être utilisés à bon escient pour que cela puisse produire des résultats bénéfiques.

Quant au ministre de l’agriculture Eric Rekosset Kamot : « Ces engins sont destinés aux agriculteurs qui sont appelés à s’organiser en coopérative pour cultiver des hectares de champs. D’ailleurs, c’est l’objectif que nous cherchons à travers le projet PAPEUR-R dans les zones ciblées à savoir, l’Ombella Mpoko, Lobaye et Kémo. La chambre d’agriculture va mettre en place les coopératives, les structurées pour bénéficier de ces engins afin de faire le développement de l’agriculture à travers ces sociétés coopératives ».

 « Deux tracteurs vont être attribués dans les coopératives sur chaque axe d’intervention du projet PAPEUR-R. Si les résultats de ces projets pilotes sont encourageants, nous allons les dupliquer dans d’autres villes et communes du pays », a-t-il poursuivi.

En outre, il est prévu la formation des tractoristes. Le fournisseur de ces engins en collaboration avec un garage de prestation de service vont s’accorder pour former les utilisateurs et d’assurer la maintenance et l’entretien de ces engins.

Cette cérémonie a été aussi l’occasion pour Félix Moloua de rendre un vibrant hommage à l’UE et les partenaires techniques pour leur appui nécessaire malgré un contexte difficile et des multiples défis liés à la Covid19 et à la crise sécuritaire que traverse notre pays.

L’agriculture en Centrafrique demeure vivrière et faiblement tournée vers l’exportation. Le potentiel agricole est de 15 millions d’hectares de terres arables dont seulement environ 800.000 hectares (ha) sont cultivées chaque année correspondant à 5,3 % du total et moins de 0,5 ha exploité en moyenne par actif agricole.

Pour ce faire, si ces agriculteurs produisent plus du maïs, on peut réduire considérablement le prix d’un poussin de premier jour qui à ce jour coûte 1230 francs CFA. Et avec l’appui du projet PAPEUR, le prix unitaire peut revenir à moins de 800 francs CFA. Ceci étant dit, on peut faire mieux, pour encourager la population à se prendre en charge. Ce qui va rendre le secteur agricole plus dynamique, compétitifs, créateurs de richesses et d’emplois.

Zarambaud Mamadou