Le 24 mars, le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a officiellement lancé le programme de sécurité sanitaire (HePS). Cette initiative s’inscrit dans le cadre du renforcement des capacités en matière de prévention face aux épidémies et aux urgences sanitaires.

Financé à hauteur de 60 millions de dollars par la Banque mondiale sous forme de don, le programme prévoit de consolider les infrastructures de laboratoires, de former le personnel soignant et d’optimiser la gestion des crises sanitaires. Cette enveloppe, approuvée en octobre 2025, vise notamment à renforcer les acquis du projet REDISSE IV, clôturé en 2024, ainsi que ceux du projet SENI-PLUS, actuellement en cours d’exécution.

L’objectif global est de mettre en place un système de santé plus efficace, capable d’anticiper, de détecter et de répondre rapidement aux menaces sanitaires, tout en assurant une meilleure protection de la population. Le programme bénéficie d’un financement d’environ 30 milliards de FCFA pour une durée de cinq ans et couvre l’ensemble du territoire national.

Pour le représentant de la Banque mondiale, Guido Rurangwa, « le programme de sécurité sanitaire vient consolider les acquis, tandis que d’autres initiatives sanitaires sont déjà en cours dans le pays ».

Dans son discours, le chef de l’État, Faustin-Archange Touadéra, a réaffirmé sa détermination à faire de la prévention un socle majeur de la politique sanitaire nationale. Par ailleurs, il a insisté sur l’importance stratégique de la digitalisation des données de santé, considérée comme un outil capital pour anticiper les crises, améliorer la qualité des soins et renforcer la coordination face aux menaces sanitaires.

Selon lui, « des systèmes d’information modernes et interconnectés permettront de détecter plus tôt les épidémies, de suivre leur évolution et d’orienter efficacement les ressources disponibles ».

Rappelons que la coordination régionale du programme sera installée à Bangui, ce qui positionne la Centrafrique comme un acteur clé de la sécurité sanitaire au niveau régional en Afrique centrale.

Ce lancement marque également un signal fort de coopération entre la RCA et ses partenaires internationaux. Ensemble, ils entendent bâtir un système de santé plus résilient, capable de répondre efficacement aux crises sanitaires et de protéger la population centrafricaine.              Freddy Ulrich Tanga

Une séance d’échange s’est tenue le 23 mars 2026 entre le ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Pierre Somsé et le représentant de la Banque mondiale, Guido Rurwangoa. Au cours de cette rencontre, trois points majeurs ont été abordés, témoignant de la volonté commune de renforcer l’offre de soins dans un contexte encore marqué par de nombreux défis.

Dans son intervention, le représentant de la Banque mondiale a déclaré : « Nous avons été reçus ce matin par le ministre avec une délégation d’experts de la Banque mondiale et du ministère de la Santé publique. Nous avons discuté de trois points essentiels. Premièrement, demain nous allons lancer le projet de sécurité sanitaire, financé à hauteur de 600 millions de dollars par la Banque mondiale. Ensuite, nous avons parlé de l’état d’avancement du projet SENI, qui est actuellement en cours d’exécution et de mise en œuvre. Le troisième point concerne la préparation d’un nouveau projet qui prendra la relève du projet SENI l’année prochaine », a-t-il expliqué.

Pour le ministre de la Santé publique : « Il s’agit d’un projet de sécurité sanitaire qui porte essentiellement sur la lutte contre les épidémies. Depuis la pandémie de Covid-19, la sécurité sanitaire internationale est devenue une composante essentielle de la santé mondiale, et aucun pays ne peut se suffire à lui-même dans la lutte contre les épidémies. C’est un secteur de la santé qui est de plus en plus renforcé, et la Banque mondiale contribue à ce renforcement en aidant les pays comme le nôtre à se doter d’un projet national de sécurité sanitaire, mais aussi en appuyant les régions et les sous-régions à travers des projets régionaux et sous régionaux. Ce projet sera géré par la Commission de la CEMAC, puisque notre pays joue un rôle de leader », a-t-il déclaré.

Soulignons qu’à l’issue de cette rencontre, le ministre Pierre Somsé a réaffirmé l’engagement du gouvernement à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires techniques et financiers. De son côté, la Banque mondiale a renouvelé son soutien aux efforts déployés par les autorités centrafricaines pour répondre aux besoins sanitaires des populations.

Rappelons que cette coopération renforcée intervient dans un contexte où le système de santé national poursuit sa reconstruction, avec l’appui de partenaires internationaux, afin de garantir un meilleur accès aux soins pour tous.       Freddy Ulrich Tanga