Dans le but de présenter le bilan de ses activités réalisées au cours de l’année 2025, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a tenu mardi 27 janvier 2026, une rencontre avec les professionnels des médias à son siège à Bangui. Cette rencontre a permis au CICR non seulement de faire le bilan de ses activités, mais aussi d’annoncer le départ de son ancien chef de délégation, Philippe Beauverd, après quatre ans et demi de service en Centrafrique, ainsi que la venue de son successeur.
Conformément à son mandat, à sa mission et depuis son arrivée en Centrafrique, le Comité international de la Croix-Rouge intervient dans les zones de Bangui, Bambari, Kaga-Bandoro, Boali et Ndélé. Il apporte son soutien aux populations affectées par les conflits et les situations de violence.
Selon l’organisation, le bilan de l’année 2025 est positif dans tous les volets. Dans le volet matériel, le CICR indique que 33 894 personnes issues de 4 842 ménages ont reçu des rations alimentaires composées d’huile, de riz, de sel et de niébé dans le cadre des réponses d’urgence. Par ailleurs, 19 278 personnes issues de 2 754 ménages ont reçu des biens matériels, notamment des nattes, des couvertures, des kits de cuisine, des bâches, des savons, des lampes solaires, des pagnes, des seaux et des moustiquaires. Parmi ces bénéficiaires, 7 014 personnes issues de 1 002 ménages étaient victimes des inondations, tandis que les 12 264 autres étaient des déplacés et des retournés. En outre, 2 500 familles ont reçu des articles ménagers, 1 800 familles ont bénéficié de cash d’urgence et 6 800 familles ont reçu des semences. De plus, 164 000 personnes ont bénéficié d’un accès régulier à l’eau potable grâce au soutien permanent apporté aux différents centres de distribution d’eau de Bangui. Enfin, 573 personnes vivant avec un handicap physique ont bénéficié de prothèses, d’orthèses et de séances de kinésithérapie au Centre national de réadaptation physique de Bangui.
Sécurité et protection
Dans le volet sécurité et protection, à travers la restauration des liens familiaux, 90 personnes séparées et/ou disparues ont été localisées et ont pu entrer en contact avec leurs familles respectives. Au total, 338 lettres et 56 appels téléphoniques ont permis aux familles de ces personnes séparées d’échanger des nouvelles avec leurs proches. Par ailleurs, 29 personnes, enfants et adultes confondus, ont été réunifiées avec leurs familles en République centrafricaine et à l’étranger, soit environ 5 000 familles assistées. Concernant les personnes détenues par des groupes armés à Zémio et Bambouti, le CICR a indiqué que, dès qu’un accord sera conclu entre le gouvernement et le CICR, un déploiement sera effectué dans ces zones afin de favoriser la libération des otages.
Formation
Dans le volet formation, 3 000 policiers et gendarmes ont été formés sur le droit de guerre. De plus, 114 volontaires de la Croix-Rouge centrafricaine ont été formés sur la protection des liens familiaux et la prévention de la séparation familiale. Dans le cadre du renforcement des capacités, le CICR a également organisé plusieurs ateliers. Deux structures étatiques, à savoir l’ACDA et l’ONASEM, ont bénéficié d’un appui financier de 22 163 000 FCFA afin d’assurer l’encadrement technique et de dispenser des formations aux groupements agricoles multiplicateurs de semences partenaires du CICR. Par ailleurs, 569 personnes ont été formées aux Gestes qui sauvent (GQS) et 42 accoucheuses traditionnelles ont été formées au référencement communautaire.
Santé
Dans le volet santé, 9 900 patients, dont 5 167 enfants de moins de cinq ans, ont bénéficié de consultations dans les centres de santé de Sido et de Sangami soutenus par le CICR. En outre, 306 femmes ont bénéficié de services d’accouchement dans ces centres de santé. Par ailleurs, 1 545 patients mis en observation ont reçu des soins de santé dans deux centres soutenus par le CICR. Dans le cadre du Programme élargi de vaccination (PEV), 883 enfants de moins de cinq ans ont été vaccinés. De plus, 90 patients présentant des urgences vitales ont été référés vers les hôpitaux de Bokaranga et de Kabo, tandis que 13 blessés de guerre et victimes liées aux conflits armés ont été pris en charge par le CICR.
Il est également à signaler que le CICR a fermé trois de ses sous-délégations dans l’optique d’en ouvrir une nouvelle à Bossangoa. Cette décision fait suite à des contraintes budgétaires auxquelles l’organisation a dû faire face, l’ayant contrainte à adopter des alternatives appropriées afin de maintenir la même couverture géographique. Ainsi, les zones auparavant couvertes depuis Ndélé sont désormais suivies depuis Bambari, tandis que celles couvertes depuis Kaga-Bandoro et Boali le sont désormais depuis Bossangoa. Toutes ces zones continueront d’être suivies régulièrement comme par le passé.
Perspectives d’avenir
Au cours de cette rencontre, le CICR a également fait la lumière sur ses perspectives pour l’année 2026. Après le départ de Philippe Beauverd, chef de délégation sortant, le CICR envisage de garder les besoins des populations au centre de ses opérations, de se focaliser sur les régions les plus affectées et les plus inaccessibles par le conflit, notamment le Sud-Est de Bangui, de continuer à promouvoir le respect du droit international humanitaire à travers des actions de sensibilisation auprès de tous les acteurs afin de renforcer la protection des populations, et de mobiliser les autres acteurs autour des besoins des populations touchées.
Enfin, le chef de délégation sortant du CICR a salué l’étroite collaboration entre le CICR, les troupes des Nations unies ainsi que les médias centrafricains, qui l’ont fortement soutenu durant ses quatre années de mission. Un bilan globalement positif a ainsi été dressé, sans toutefois occulter les défis auxquels le CICR a été confronté, avec l’espoir que l’institution poursuivra ses efforts et maintiendra la qualité de son action dans les années à venir. BVIII Pappus Héritier

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