La Présidence de la République a réagie suite au renouvellement du mandat de la Minusca, lors d’un échange le samedi 13 novembre dernier avec les professionnels des médias à Bangui.

Des casques bleus des forces spéciale portugaises

Le ministre délégué, Conseiller en Communication et porte-parole de la Présidence de la République, Albert Yaloké Mokpeme, a déclaré que ce renouvellement qui s’étend jusqu’au 15 septembre 2022, doit tenir compte des insuffisances de cette mission onusienne sur le terrain, afin de rassurer la sécurité et la stabilité dans le pays.

Et que le gouvernement et la Minusca doivent conjuguer leurs efforts ensemble pour ce nouveau mandat.

Après la position de Sylvie Baïpo Témon, ministre des Affaires Etrangères, suite à ce renouvellement de mandat, qui a appelé au recadrage du mandat de cette mission onusienne unanimement avec les autorités centrafricaines, c’est au tour de la présidence de la République de réagir.

Au cours de sa traditionnelle conférence de presse hebdomadaire du samedi 13 novembre dernier, le porte-parole de la Présidence de la République, Albert Yaloké Mokpeme, n’a pas caché sa déception suite au travail de la Minusca en RCA, et a profité de l’occasion pour inviter la Minusca à collaborer avec le gouvernement centrafricain dans cette recherche de la paix et de la sécurité en République centrafricaine qui se fait actuellement par les Forces de Défense et de Sécurité, appuyées par leurs alliés rwandais et russes.

Selon Albert Yaloké Mokpeme, le constat est bel et bien réel : «beaucoup de voix se sont élevées ces derniers temps pour dénoncer le comportement de certains contingents de la Minusca.

Si on enregistre avec satisfaction le travail que déploie sur le terrain un certain nombre de contingents, n’empêchent qu’il existe d’autres qui sont en dehors du clou et créent des grincements de dents des populations.

Donc, nous ne pouvons pas rester impassibles à cela. En tant que Etat, nous avons le droit de remonter ces informations au niveau des instances des Nations Unies», a-t-il déclaré.

Le porte-parole de la Présidence de la République, n’a pas raté l’occasion de relever certains points cruciaux : «le contingent gabonais a été retiré pour des exactions contre des civils.

Ces derniers jours, c’est au tour du contingent portugais. Là où la nouvelle est très dure et difficile à avaler, lorsqu’on nous annonce leurs exactions contre des civils, des trafics, alors que ce sont des choses qui ne sont pas comprises dans la mission de la Minusca et sont faites au détriment du peuple centrafricain. Et cette nouvelle a provoqué un électrochoc à notre niveau», a regretté Albert Yaloké Mokpeme.

Et ce dernier a conclut que «cette situation nous interpelle et je pense que ce travail doit être fait conjointement avec la Minusca.

Après 8 ans de présence en République Centrafricaine, qu’est-ce qu’on peut tirer comme bénéfices, qu’est-ce qu’il y a à corriger et qu’est-ce qu’il y a à bannir dans cette présence onusienne ?

C’est quelque chose de très important et le moment est venu pour tirer les choses au clair».

Ce renouvèlement qui est passé sous tensions entre le gouvernement et la Minusca au sujet de l’incident le 1er novembre proche de la résidence du chef de l’Etat, est très peu commenté mais un groupe de jeunes manifestent devant le siège de la Minusca pour dénoncer ce renouvèlement car pour les manifestants, la mission onusienne est inefficace et entachée par des dérapages.

Jean Ngbandi