Du 22 au 26 juin 2026, la République Centrafricaine a vibré au rythme d’une mobilisation nationale inédite. Le Ministère de l’Élevage et de la Santé Animale, avec l’appui de la FAO, a lancé la Semaine nationale de sensibilisation sur la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR). Cette initiative, marquée par une cérémonie officielle et une caravane de sensibilisation dans Bangui, vise à informer, prévenir et protéger les populations face à une maladie qui menace à la fois la santé publique et la sécurité alimentaire.
La cérémonie s’est tenue au cabinet du ministère, en présence du ministre Amadou Bi Aliou et de la représentante de la FAO, Labia Irène Ivette Ouoba. Tous deux ont insisté sur l’importance de la prévention et de la communication dans la lutte contre cette zoonose.
Dans son discours, Irène Ouoba, Représentante de la FAO en République Centrafricaine a rappelé que la FVR est une maladie virale transmise par les moustiques ou par contact direct avec des animaux infectés. Elle affecte principalement les ruminants bovins, ovins, caprins et camelins provoquant des avortements massifs et des mortalités chez les jeunes animaux. « Ces pertes fragilisent les systèmes de production et entraînent des conséquences économiques graves pour les éleveurs », a-t-elle souligné.
Mais la menace ne s’arrête pas aux animaux. Chez l’homme, la maladie peut évoluer vers des formes sévères : fièvre hémorragique, méningo-encéphalite ou atteintes oculaires irréversibles. Le cas humain signalé en janvier 2025 dans la sous-préfecture de Ngaoundaye reste un rappel douloureux de la réalité du risque.
Irène Ouoba a insisté sur la nécessité d’une action coordonnée : Renforcer la vigilance des éleveurs et la remontée des événements suspects.
Promouvoir les mesures de prévention contre les moustiques et les contacts à risque.
Adopter l’approche « Une seule Santé », intégrant santé humaine, animale et environnementale.
« La prévention commence par l’information et l’engagement collectif », a-t-elle déclaré, appelant le gouvernement, les autorités locales, les services techniques, les partenaires et les communautés à unir leurs efforts. Pour elle, prévenir la FVR, c’est protéger des vies humaines, des moyens de subsistance et l’avenir de l’élevage en RCA.
De son côté, le ministre de l’Élevage et de la Santé Animale, Amadou Bi Aliou, a rappelé la volonté du gouvernement, sous l’impulsion du président Faustin Archange Touadéra, de protéger les populations et soutenir les éleveurs.
« La Fièvre de la Vallée du Rift est une menace pour la santé publique, la sécurité alimentaire et l’économie nationale. Face à cette menace, nous devons agir ensemble », a-t-il affirmé. Le ministre a insisté sur la communication des risques, invitant les populations à respecter les mesures simples de prévention et les médias à relayer largement les messages.
Il a également salué l’appui constant de la FAO, qui permet au pays de mieux anticiper, détecter et répondre aux menaces sanitaires. « La lutte contre cette maladie demande la vigilance de chacun, la solidarité de tous et la mobilisation des institutions », a conclu le ministre, en déclarant ouvertes les activités nationales de sensibilisation.
La semaine a pris vie dans les rues de Bangui. Une caravane de sensibilisation a mobilisé les populations autour de la prévention : affiches, messages radiophoniques, animations communautaires et rencontres avec les éleveurs. L’objectif était clair : rapprocher l’information des citoyens et encourager des comportements protecteurs.
Les éleveurs, bouchers et commerçants de bétail ont été particulièrement ciblés, car ils sont les plus exposés. Les messages portaient sur l’importance de signaler rapidement les cas suspects, d’éviter les contacts directs avec les animaux malades et de renforcer les mesures d’hygiène.
La FVR représente une double menace
Économique : pertes massives d’animaux, avortements, baisse de production et fragilisation des revenus des familles rurales.
Sanitaire : risques graves pour les populations en contact avec les animaux, avec des formes sévères pouvant entraîner la mortalité.
Dans un pays où l’élevage constitue une source essentielle de revenus et de sécurité alimentaire, l’impact de la FVR est particulièrement préoccupant.
Cette semaine nationale de sensibilisation marque une étape importante dans la lutte contre la FVR en RCA. Elle illustre la volonté du gouvernement et de ses partenaires de placer la prévention au cœur des politiques de santé animale et publique.
En mobilisant les communautés, en renforçant la vigilance et en promouvant l’approche « Une seule Santé », la RCA se dote d’outils essentiels pour réduire les risques. La FAO, aux côtés du gouvernement, réaffirme son engagement à accompagner ces efforts.
La Fièvre de la Vallée du Rift n’est pas une fatalité. Elle peut être évitée et contrôlée, à condition d’agir collectivement et de manière anticipée. La semaine de sensibilisation organisée en juin 2026 en est la preuve : un pays uni, informé et mobilisé peut transformer une menace en opportunité de renforcer sa résilience.
Dieu Béni Anderson Kabou

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