La communauté humanitaire mobilisera au moins 13 millions de dollars soit 8,5 milliards de FCFA pour assister les personnes vulnérables dans la Préfecture du Haut-Mbomou, notamment à Zemio, Obo, Mboki et Bambouti, a annoncé le Coordonnateur humanitaire, Mohamed Ag Ayoya lors de la célébration de la journée mondiale de l’aide humanitaire, samedi 19 aout à Zemio.
« Je remercie tous les donateurs grâce auxquels nous trouvons les ressources pour pouvoir agir et soutenir les vulnérable. Cette générosité nous permet aujourd’hui de vous annoncer que dans les semaines à venir, la communauté humanitaire en Centrafrique va débourser 13 millions de dollars US, soit 8,5 milliards de FCFA pour Zemio, Obo, Bambouti et Mboki », a annoncé le Coordonnateur humanitaire Mohamed Ag Ayoya.
Le coordonnateur humanitaire a précisé que l’appui humanitaire dans la sous-préfecture de Zemio ne va pas exclure la population locale qui accueille des milliers des déplacés. « Nous ferons tout pour que la réponse soit intégrée, inclusive à la fois au profit des populations déplacées mais aussi des populations locales », a-t-il précisé.
Selon le coordonnateur humanitaire, l’objectif en RCA est d’assister 2.4 millions de personnes les plus vulnérables. Dans le pays, plus de la moitié de la population a besoin de l’assistance humanitaire mais aussi de protection. « Au premier semestre 2023, nous avons apporté une assistance multisectorielle vitale à 763.000 centrafricains les plus vulnérables. Chaque fois les humanitaires sont attaqués, des milliers de personnes vulnérables risquent de voir leur survie affecté, parce que ces attaques retardent l’aide humanitaire voire l’interrompt pour une certaine durée. Toute violence contre les acteurs humanitaires devrait donc s’arrêter », a lancé le coordonnateur humanitaire.
Le Haut Mbomou entre crise sécuritaire et humanitaire
Située à 1.112 Km de Bangui, la sous-préfecture de Zemio compte environ 51.000 habitants et c’est la localité la plus peuplée du Haut-Mbomou. Selon le sous-préfet Bi-Ndjobdi-Aroun, Zemio n’a ni l’armée, ni les forces de sécurité intérieure. « Aujourd’hui, les combattant de l’UPC ont adhéré au processus de DDRR et n’attendent que leur réintégration sociale. Malgré cette absence des forces de défense et de sécurité dans la ville, Zemio sert des terres d’asile aux réfugiés et aux déplacés qui se sentent mieux ici que dans les autres localités du Haut-Mbomou. En plus des défis sécuritaires, Zemio fait face aux défis du manque d’infrastructure et personnel administratif. Les services déconcentrés de l’Etat sont inexistants et le peu qui est ne dispose pas de bâtiment comme la Sous-préfecture. L’accessibilité dans la sous-préfecture de Zemio reste préoccupante par l’état avancé de la dégradation des routes, des ponts et des bacs ».
Sur le plan humanitaire, le sous-préfet Bi-Ndjobdi-Aroun note que Zemio a subit les effets des violences en 2017 qui ont occasionné le déplacement d’environ 30.000 personnes vers la RDC. Après l’accalmie, environ 20.000 personnes sont retournées et n’ont pas reçu de l’assistance pour leur réinstallation. En plus, Zemio a accueilli environ 3.000 personnes déplacés, arrivées en 2020 de Obo et d’autres localités, installées sur les sites C et D ainsi que le site des réfugiés congolais. Depuis 2023, Zemio accueille environ 7.500 personnes déplacées de Mboki qui ont fui les affrontements du 8 mai et du 20 juin. Une parcelle est attribuée et devra servir du site des déplacés.
Pour l’autorité administrative, les besoins en éducation, protection, sécurité alimentaire, santé, nutrition ainsi que la prise en charge des violences basées sur le genre sont à financer pour avoir une réponse multisectorielle aux personnes affectées à Zemio.
En réponse aux préoccupations, Virginie Baikoua, ministre de l’Action Humanitaire et de la Réconciliation nationale a souligné que le gouvernement est venu « célébrer les humanitaires dont nous rendons hommage car ils travaillent chaque jour dans des conditions difficiles, tout en mettant leur vie en danger pour sauver celles des autres. Le gouvernement a plusieurs projets pour la population du Haut-Mbomou. Aujourd’hui nous commençons par l’assistance humanitaire d’urgence. D’autres actions vont suivre cette intervention d’urgence », dit le ministre Baikoua.
« Nous travaillons sur la restauration de l’autorité de l’Etat à travers le déploiement des forces de sécurité intérieure auprès de la Minusca, en dupliquant le modèle de réussite de Bangassou. Les Forces Armées Centrafricaines ne tarderont pas aussi à suivre les pas. Tous les autres services de l’Etat, notamment la justice et autres vont suivre », a relevé le ministre Virginie Baikoua.
En effet, les besoins humanitaires demeurent sévères en Centrafrique. Les crises supplémentaires notamment dans le nord-est et le nord-ouest restreignent davantage les ressources disponibles. Le plan de réponse humanitaire de cette année n’est financé que de 34%.
La ville de Zemio qui a abrité la célébration de la journée de l’aide humanitaire éprouvent de nombreux problèmes humanitaires mais aussi du développement.
Fridolin Ngoulou

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