Les habitants des villages Da-Oko, Malenguiza et Kouzoundoro, localités situées à 70 kilomètres de Bangui se plaignent de leurs difficiles conditions de vies, du manque de Centre de Santé, du manque des établissements scolaires. Une situation qui est souvent à l’origine des cas de mortalité infantile et néonatale et de déperdition scolaire à grande échelle.
Pour se rendre à l’école, ou pour recevoir des soins de qualité, la population de ces villages est obligée de parcourir plus de 37 kilomètres, pour la simple raison que le bloc des trois villages ne dispose pas des services publics de base pouvant répondre aux besoins primaires de la population.
Urbain, un jeune du village Da-Oko, que l’Oubangui Médias a rencontré relate leur quotidien: « Ici, nous avons comme l’impression qu’on n’est pas des Centrafricains. Imaginez-vous, l’ensemble des habitants du bloc de ces trois villages peut être estimé à 8.000 habitants dont la majorité est constituée des enfants et des jeunes. Mais pour que nos enfants étudient, il faut se rendre soit au Pk 50 ou à Boali. La distance est énorme ce qui démotive les enfants. Notre avenir c’est comment? Est-ce que ces enfants ne peuvent pas aussi contribuer à l’épanouissement de ce pays ? » s’est-il interrogé.
A côté de ce manque d’école, il n’existe aucun Centre de Santé. La population se soigne avec des médicaments de la rue ou d’une manière traditionnelle.
Jeanine, a failli perdre son bébé qu’elle tient en main des suites d’une forte convulsion de paludisme : « Cet enfant dont vous voyez là, j’ai failli le perdre la semaine dernière. Il avait fait une crise de paludisme, mais comme il n’y a pas d’hôpital ici, j’étais obligée de faire avec des moyens de bord. C’était difficile, Dieu merci il encore en vie ».
Plusieurs cas de mortalité infantile et néonatale sont régulièrement enregistrés dans ces trois villages.
Des bébés mort-nés, des femmes enceintes qui perdent leur vie en donnant de naissance se comptent aussi par dizaine chaque année. La quasi-totalité des femmes enceintes dans ces villages, ne reçoivent pas de soins prénataux ou voire postnataux.
Selon les autorités locales, durant l’année 2023, au-moins 8 cas de mortalité néonatale et infantile ont été enregistrés. Ce qui pousse ces autorités locales à lancer un appel au gouvernement pour leur venir en aide. Antoine Kossinam, chef du village Da- Oko par intérim porte ce message en ces termes: « Durant les campagnes législatives passées, l’actuel député avait promis au chef du village Da-Oko décédé, Jean Bosco, paix à son âme, qu’il allait construire un hôpital ici. Une promesse que toute la population avait crue. Mais aujourd’hui, nous sommes déçus de constater que toutes ces promesses ne sont que de poudre dans l’œil. Vous avez constaté vous-mêmes les chiffres que nous avons enregistrés et même certains nous échappent. Cela fait plusieurs fois que nous nous plaignons mais personne ne nous écoute ».
Si la population a pu trouver un palliatif pour se rendre au Pk 50 afin de profiter des services de base, cependant la dégradation avancée de la seule piste réunissant le bloc des villages ne favorise pas la libre circulation.
Pascaline, vendeuse de poisson frit à Malenguiza déplore quand à elle les accidents causés par les motos taxi : « Cela fait plusieurs années que le seul axe qui dessert ce village n’est pas réhabilité. Ce qui cause régulièrement des cas d’accident de circulation. Nous en sommes des victimes », déplore cette vendeuse. Si la plainte fuse de presque partout, les conditions de vies de cette tranche de la population reste déplorable, une situation qui interpelle à une action collective pour trouver une solution.
Diana Deran

Commentaires récents