Un article publié dans la revue « conflict and health » par des chercheurs américains sur la République Centrafricaine révèle un taux de mortalité quatre fois supérieur aux statistiques de l’ONU. Le ministre de la santé Dr Pierre Somsé lors d’une tête à tête avec les professionnels des médias jeudi 29 juin 2023 qualifie cette enquête « d’instrumentalisation de la science et de la santé à des fins géopolitiques et géostratégiques ».

Une enquête réalisée par karume Baderha Augustin Gang, Jennifer O’Keeffe, les Roberts et auteurs anonymes et publié dans la revue « Conflict and Health » un article scientifique en accès libre sous la direction de LES Robert, chercheur de nationalité américaine rapportant les résultats et les conclusions d’une enquête qu’en RCA, le taux de mortalité est de quatre fois supérieur aux statistiques de l’ONU, notamment de l’OMS.

Comment ne pas savoir que la RCA est en proie à une crise humanitaire aussi grave ?

Après avoir pris connaissance de cet article, le ministre de la santé et de la population Dr Pierre Somsé n’est pas passé par quatre chemins pour qualifier de partial ce rapport qui vise à ternir l’image du pays. Le membre du gouvernement a exprimé avec véhémence sa désapprobation et son indignation à propos de cette étude sur la RCA.

L’enquête souligne que le taux brut de mortalité CMR à 1,85 (95%CI : 1,51-2,19) dans les Zones contrôlées par le Gouvernement. Dans les zones non contrôlées par le Gouvernement, le taux de mortalité des moins de cinq ans TMM5 était de 2,62(IC95% : 1,63-3,61) contre 1,08(IC95% : 0,49-1,66).

Dr Pierre Somsé souligne que : « Sur le plan de la forme, les auteurs n’ont pas obtenu l’approbation du comité scientifique de l’Université de Bangui. Mais l’étude a été menée sur approbation du comité national d’éthique du ministère de la santé de la RDC. Les auteurs n’ont obtenu ni le visa statistique de l’ICASEES ni l’autorisation d’étude de ministère de la santé et de la population. Sur le fond, ces auteurs ont utilisé comme base de sondage, les images satellitaires ce qui peut introduire des biais de sélections, les critères de stratifications posent un problème d’homogénéité des strates, car il divise le pays en deux groupes zones contrôlées et zones non contrôlées par le gouvernement sur critères non décrits. Les auteurs admettent plusieurs limites à leur enquête qui peuvent avoir un impact sur les résultats. Ces limites comprennent le biais de survie dû aux décès dans les ménages qui ont été dissous. Une grande partie des ménages dans les zones contrôlées par le gouvernement étaient absents au moment de l’interview. Les données sur la cause du décès étaient basées sur ce que les familles ont déclaré ».

Soulignons que cette enquête épingle les troupes russes appelées Wagner comme l’un des principaux facteurs de surmortalité sans en donner plus de précisions.

Par ailleurs, l’article ne mentionne pas l’identification par les ménages des troupes russes dit Wagner comme cause de mortalité, alors que les causes de mortalité ont été citées par les ménages selon le protocole d’interview.

Pour Dr Pierre Somsé, Il est clair que les auteurs de l’article ont introduit dans leurs analyses des perspectives personnelles marquées par un biais géopolitique et géostratégique.

Le ministre de la santé et de la population déplore l’instrumentalisation de la science et de la santé à des fins géopolitiques et géostratégiques. Des dispositions appropriées seront prises pour obtenir l’annulation de cette publication et recommander les données validées par l’ICASEES et le système des Nations unies.

Dorcas Bangui Yabanga