Lors de son audition des 8 et 9 juin, le prévenu Edmond Béina a fait des déclarations mettant en cause la responsabilité de son coaccusé Dieudonné Gomitoua, alors même que la défense de ce dernier plaide son innocence.
Ces déclarations sont intervenues au cours de son interrogatoire mené par le ministère public, les parties civiles et les avocats de la défense. Répondant à une question du parquet sur la séquestration d’Ali Garba, Edmond Béina, principal accusé dans le massacre de Guen, a affirmé que lorsque ce dernier se trouvait chez Bernard, Dieudonné Gomitoua serait venu pour le faire sortir de force afin de lui faire du mal. Il a également déclaré que Gomitoua était armé au moment des faits.
Le parquet lui a toutefois demandé pourquoi Gomitoua se serait adressé à lui plutôt qu’à Bernard. Béina a alors nuancé ses propos en affirmant que Gomitoua ne s’était pas directement adressé à lui.
Pour la défense de Dieudonné Gomitoua, ces accusations visaient simplement à incriminer son client. À son tour, Me Albert Panda, avocat de Dieudonné Gomitoua, a demandé à Béina s’il a des problèmes avec son client. Il lui a notamment rappelé une conversation au cours de laquelle il l’aurait menacé de faire porter certaines accusations à son client après son passage devant les juges. Béina a catégoriquement nié avoir tenu de tels propos.
L’avocat est ensuite revenu sur la déclaration selon laquelle Dieudonné Gomitoua aurait fait irruption chez Bernard pour exiger qu’Ali Garba lui soit remis afin d’être tué. Selon Me Panda, ce témoignage avait pour seul objectif d’enfoncer son client.
Les autres avocats de la défense ont également interrogé l’accusé sur l’assassinat de Bandjoukou, notamment le cas de Jean Bahaha. Béina a déclaré avoir appris que celui-ci serait l’auteur du meurtre de Bandjoukou, mais n’a jamais assisté aux faits.
L’avocat a alors souligné que son client ne s’était jamais rendu à Djomo et qu’il lui était donc impossible d’avoir participé à l’assassinat de Bandjoukou.
Prenant la parole, Me Sylvain Tabangué, avocat d’Edmond Béina, a relevé l’existence de certains procès-verbaux qui ne portent pas sa signature, estimant qu’ils auraient été établis en son absence.
Pour répondre au conseil de Dieudonné Gomitoua, il a également estimé que son confrère tentait de transformer l’audience en un affrontement entre les deux accusés. Selon lui, il appartient à la défense de Gomitoua d’apporter des éléments permettant de contredire les déclarations de Béina. Il a ensuite demandé des précisions sur les événements survenus au domicile d’Ali Garba.
Edmond Béina a affirmé n’avoir jamais donné l’ordre d’aller chercher Ali Garba. Il a également expliqué les circonstances de la mort d’Emerson, survenue selon lui en son absence. Il a toutefois soutenu que Dieudonné Gomitoua se trouvait sur les lieux au moment où la victime aurait été tuée par balles.
Son avocat a insisté sur le fait que son client n’était pas impliqué dans ce meurtre, affirmant que s’il avait participé aux faits, il aurait lui aussi été exécuté.
Alors que lors de l’interrogatoire de Dieudonné Gomitoua et jusqu’à présent, le parquet indiqué qu’il ne dispose d’aucune charge directe contre Dieudonné Gomitoua et que les poursuites à son encontre émanent d’une décision des juges d’instruction, les déclarations d’Edmond Béina pourraient néanmoins peser quant à rôle présumé dans cette affaire.
En attendant, l’audience se poursuit le 11 juin prochain. La Cour se penchera sur le cas de Jean Bahara, l’accusé jugé par contumace.
Déus Gracias Tchémanguéré

Commentaires récents