À l’heure où la République centrafricaine s’apprête à vivre le second tour des élections législatives, la voix de Catherine Samba-Panza, ancienne Cheffe d’État de la Transition, résonne avec force. Dans une déclaration empreinte de conviction, elle a exhorté l’ensemble de la population à soutenir les candidatures féminines, rappelant que « sans la participation inclusive des femmes, la démocratie n’avance pas ».
Catherine Samba-Panza n’a jamais caché son engagement en faveur de la promotion des femmes dans la sphère publique. Pour elle, l’inclusivité n’est pas un slogan, mais une condition sine qua non du développement national. « Les femmes représentent la moitié du ciel, la moitié du monde », a-t-elle martelé, insistant sur la nécessité de leur implication dans toutes les actions de promotion et de gouvernance.
Son message est clair : l’inclusion des femmes doit être effective, et non cantonnée à des discours. Sans cette participation réelle, estime-t-elle, le pays ne pourra atteindre les objectifs de développement durable auxquels il aspire.
Dans un passage particulièrement marquant, l’ancienne Cheffe d’État s’est adressée directement aux hommes centrafricains. Elle leur a rappelé que les femmes sont leurs sœurs, leurs filles, leurs mères, leurs épouses. « Comment voulez-vous qu’un homme soit heureux si la moitié de son corps n’évolue pas ? », a-t-elle lancé, invitant les électeurs masculins à soutenir les femmes candidates en glissant un bulletin féminin dans l’urne.
Ce plaidoyer vise à briser les résistances culturelles et politiques qui freinent encore la progression des femmes dans les instances décisionnelles.
Les statistiques des dernières élections législatives illustrent la difficulté du combat. Sur plus de 657 candidats, seules 86 étaient des femmes. Au premier tour, seulement huit d’entre elles ont réussi à se qualifier. Pour le second tour, elles ne sont plus que sept en lice. Un chiffre qui, selon Catherine Samba-Panza, traduit une régression par rapport au taux de présence féminine à l’Assemblée nationale.
« Ce n’est pas normal », a-t-elle déploré, soulignant que malgré la mobilisation des femmes leaders et le travail de sensibilisation mené par des organisations comme Radio Voix des Femmes, les résultats restent en deçà des attentes.
Pourquoi les femmes ne soutiennent-elles pas davantage les autres femmes en politique ? Pour Catherine Samba-Panza, la réponse est multiple. D’une part, les femmes ont longtemps été conditionnées à croire que la politique n’était pas leur domaine. D’autre part, elles n’ont pas toujours conscience de l’importance de leur présence dans les instances publiques et politiques.
La sensibilisation, bien que déjà amorcée, n’a pas encore produit les effets escomptés. « Il y a encore beaucoup de retard », a-t-elle reconnu, craignant que l’Assemblée nationale issue de ces élections ne compte qu’un nombre limité de femmes.
Malgré ces obstacles, Catherine Samba-Panza refuse de baisser les bras. Elle considère la lutte pour l’inclusion des femmes comme une bataille permanente. Les femmes leaders, dit-elle, se sont engagées à soutenir leurs consœurs et à porter haut le flambeau du leadership féminin.
Elle a également salué le travail de Radio Voix des Femmes, qui œuvre dans des conditions difficiles pour sensibiliser la population. Selon elle, cette radio mérite un soutien accru afin de poursuivre son rôle essentiel dans la promotion de la cause féminine.
Dans son intervention, Catherine Samba-Panza n’a pas oublié les journalistes, qu’elle a qualifiés de « sacrifiés » pour leur engagement en faveur de la voix des femmes. Elle a insisté sur l’importance de leur rôle dans la diffusion des messages de sensibilisation et a appelé à leur apporter le concours nécessaire pour qu’ils puissent continuer à avancer dans ce travail.
Au-delà des femmes, c’est toute la société centrafricaine que Catherine Samba-Panza invite à se mobiliser. Elle rappelle que les hommes, bien que moins nombreux que les femmes, représentent une masse importante d’électeurs. Mais si les femmes elles-mêmes votaient en faveur des candidates féminines, « aucun homme ne pourrait nous battre », affirme-t-elle avec conviction.
Ce message vise à provoquer une prise de conscience collective : la démocratie ne peut progresser sans une participation équilibrée entre hommes et femmes.
À travers ses propos, Catherine Samba-Panza réaffirme son rôle de figure emblématique de la lutte pour l’inclusion des femmes en République centrafricaine. Son appel à soutenir les sept candidates encore en lice pour le second tour des législatives est un cri du cœur, mais aussi un rappel stratégique : sans les femmes, la démocratie reste incomplète.
Alors que le pays s’apprête à franchir une nouvelle étape électorale, la question demeure : les électeurs répondront-ils à cet appel pour que la voix des femmes soit enfin entendue à la hauteur de leur importance dans la société ?
Dieu Béni Anderson Kabou

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