Après une formation prestigieuse en maquillage professionnel, technique de pose et entretien de perruques ainsi qu’en stylisme capillaire en France, Mademoiselle Munirih Khanum Yandocka revient au pays avec une ambition claire : transmettre son savoir aux jeunes filles de Bangui et leur ouvrir les portes d’une carrière noble dans l’esthétique.

Munirih Khanum Yandocka explique ce qui l’a motivée à embrasser ce métier :

« Depuis toute petite, j’ai toujours aimé ce domaine. Tout ce qui touche à la beauté et aux soins corporels m’a passionnée. J’aime prendre soin des autres et de moi-même. C’est ce qui m’a poussée à suivre une formation en France. Ensuite, je me suis dit : pourquoi ne pas venir former aussi les jeunes filles de mon pays ? »

C’est ainsi qu’elle a lancé une formation accélérée de deux jours à Bangui. Consciente du temps limité, elle insiste auprès de ses élèves sur l’importance de continuer à pratiquer :

« En deux jours, elles ne peuvent pas tout maîtriser. Je leur conseille de se performer, de maquiller leurs proches, de coiffer régulièrement pour ne pas perdre la main. L’essentiel est de retenir les techniques et d’utiliser les bons produits. »

Au-delà de cette première initiative, Munirih Khanum Yandocka nourrit des projets ambitieux. Elle envisage l’ouverture d’un centre de formation et d’une entreprise spécialisée dans la vente de produits esthétiques. Son objectif est double : former les jeunes filles et leur offrir des opportunités d’emploi.

« Je vais recruter les élèves que j’ai moi-même formées. Elles travailleront avec moi. Et si un jour elles veulent ouvrir leur propre entreprise, je les accompagnerai dans cette démarche », affirme-t-elle avec détermination.

Son engagement dépasse le cadre professionnel. Elle souhaite offrir une alternative à des jeunes filles souvent livrées à elles-mêmes :

« Je vois beaucoup de filles se tourner vers la prostitution faute de perspectives. Cela me fait mal au cœur. Je veux leur donner une chance de bâtir un avenir digne et positif. »

Munirih Khanum Yandocka lance ainsi un appel vibrant :

« Je sollicite beaucoup de filles : restez positives, restez ambitieuses. Cherchez de vos propres mains, n’attendez pas que les hommes s’occupent de vous. Venez vous former, venez massivement. »

À travers son initiative, cette jeune formatrice incarne une nouvelle génération de femmes entrepreneures qui veulent transformer la société centrafricaine par l’éducation, la beauté et l’autonomisation. Son projet, encore à ses débuts, porte déjà les germes d’un avenir prometteur pour de nombreuses jeunes filles de Bangui.

Dieu Béni Anderson Kabou