« Que les ennemis de la République centrafricaine le sachent : aucune incursion, aucun chantage sécuritaire ne fera reculer la République. Notre riposte sera systématique, globale et implacable. »

Comme le veut la tradition, à l’occasion du 66e anniversaire de l’accession à l’indépendance de la République centrafricaine, le 13 août 2026, le Président de la République Faustin-Archange Touadéra, s’est adressé à la Nation centrafricaine.

Dans son adresse à la Nation, le Chef de l’État a d’abord rappelé que sa pensée va vers celui qui a porté le flambeau de l’émancipation, le Président-Fondateur Barthélemy Boganda, dont la vision d’une Centrafrique unie et digne demeure une boussole pour chacun des Centrafricains.

« Son sacrifice et sa vision guident nos pas vers une nation maîtresse de son destin », a-t-il déclaré, avant de s’incliner devant la mémoire de tous les fils et filles du pays qui, à travers les décennies, ont donné leur énergie, parfois leur vie, pour que le drapeau de la RCA flotte librement.

Le Président Touadéra a affirmé que leur combat n’était pas seulement celui d’une indépendance politique, mais aussi celui d’une dignité retrouvée, d’un peuple qui refusait d’être spectateur de son propre destin.

« L’année 2026 marque un tournant historique avec l’avènement de la 7e République. Les choix courageux que nous avons faits ensemble dessinent les contours d’un État plus fort et plus juste. Ce changement institutionnel n’est pas une simple formalité : il engage la transformation radicale et globale de notre pays. Nous ne réparons pas l’ancien système, nous bâtissons une nouvelle Centrafrique. Cette métamorphose doit se déployer sur tous les fronts : politique, sécuritaire, économique, social et environnemental. »

Toutefois, le Chef de l’État a affirmé que cette transformation structurelle exige avant tout une révolution culturelle : le changement profond des mentalités. Car aucune loi, aucune route, aucune industrie ne pourra transformer la République centrafricaine s’il n’y a pas de transformation de la manière de penser et d’agir.

« Nous devons rompre définitivement avec les vieux démons du passé : l’incivisme, la corruption, la paresse et la culture du moindre effort, le tribalisme et le népotisme. Le fonctionnaire doit se comporter en serviteur du peuple, et le juge en gardien des lois de la République. Oui, mes chers compatriotes, la refondation de notre pays exige une gouvernance irréprochable. J’ai instruit le Gouvernement de redoubler d’efforts dans la lutte contre la corruption et le détournement des deniers et biens publics, ainsi que les mauvaises manières de servir. »

« Notre économie se modernise. Nous investissons massivement dans le désenclavement du pays par la construction du Corridor 13, du port fluvial de Mongoumba dans la préfecture de la Lobaye. Cette infrastructure hautement stratégique pour le désenclavement économique, l’intégration économique de notre sous-région et la souveraineté économique de notre pays sera complétée par le projet de Corridor 14 avec le pont Bangui-Zongo, qui reliera notre pays à la République démocratique du Congo et au Burundi, avec des extensions prévues pour l’Ouganda. »

« La réhabilitation des routes, l’accès à l’eau potable, l’augmentation de notre capacité de production énergétique sont également des signaux de notre progression vers l’indépendance économique. Mais notre plus grande richesse reste notre jeunesse. C’est pourquoi l’éducation, la formation technique et l’appui à l’entrepreneuriat des jeunes sont les priorités absolues de ce septennat », a-t-il déclaré.

Selon lui, la souveraineté ne se proclame pas seulement, elle se vit à travers l’exercice plein et entier de l’autorité de l’État sur chaque kilomètre carré du territoire national. À cet égard, il a affirmé que la récente agression perpétrée à Am-Dafock est venue rappeler la nature des menaces qui pèsent sur la RCA.

« Des forces négatives coalisées, appuyées par des mercenaires étrangers, ont tenté de violer l’intégrité de notre territoire. À nos vaillants soldats et à nos alliés qui ont réagi avec un patriotisme exemplaire pour libérer et sécuriser Am-Dafock, j’exprime la reconnaissance éternelle de la Nation. »

Faustin-Archange Touadéra a lancé un signal fort à tous ceux qui veulent attaquer son pays : « Que les ennemis de la République centrafricaine le sachent : aucune incursion, aucun chantage sécuritaire ne fera reculer la République. Notre riposte sera systématique, globale et implacable. »

Dans le cadre du programme de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement (DDRR), des efforts se poursuivent pour ramener tous les enfants égarés de la patrie dans la République. L’administration, les magistrats et les forces de l’ordre sont de retour dans les préfectures pour garantir la paix.

Il a rappelé que « la paix et la sécurité demeurent notre priorité absolue. La réconciliation nationale doit continuer d’être notre boussole. Le développement économique et social reste un chantier immense : routes, écoles, hôpitaux, accès à l’eau et à l’électricité, création d’emplois pour la jeunesse. C’est pourquoi je me suis engagé à ce que l’État investisse davantage dans leur formation, leur insertion professionnelle et leur participation à la vie de la Nation. À nos forces vives : agriculteurs, opérateurs économiques, enseignants, soignants, membres des forces de défense et de sécurité, femmes actrices de paix dans nos communautés, je redis notre reconnaissance. »

À cette occasion, le Chef de l’État a félicité les officiers, sous-officiers et hommes du rang des forces de défense et de sécurité pour leur patriotisme et leur sens du sacrifice suprême, qui ont permis de restaurer l’autorité de l’État sur le territoire et de garantir la souveraineté du pays.

Il a également exprimé sa reconnaissance à la MINUSCA ainsi qu’aux forces bilatérales russes et rwandaises pour les sacrifices consentis en faveur de la souveraineté de la République centrafricaine.       

     Déus Gracias Tchémanguéré