Son audition s’inscrit dans le cadre de la poursuite du procès de Bossembélé. Michelle Béngba est le troisième témoin cité à comparaître par le parquet. Elle s’était également constituée partie civile avant de se désister.
Née le 2 août 1967 à Bangui, Michelle Béngba est de nationalité centrafricaine et réside actuellement au quartier Combattant, dans le 8ᵉ arrondissement de Bangui. Elle travaille comme assistante de direction générale à l’Office national de l’informatique.
Son témoignage porte sur l’incendie du magasin Rayan en 2010, un événement qui a conduit à son transfèrement à la maison d’arrêt de Bossembélé, où elle a passé plus de douze mois dans des conditions difficiles.
En juin 2010, elle occupait le poste de comptable-gestionnaire du personnel à la société ADML Système, installée dans l’immeuble Bangui 2000.
Parmi les quatre accusés, elle connaît François Bozizé et Vianney Semndiro, qu’elle dit avoir connus à Bossembélé après l’incendie du magasin Rayan.
Selon son témoignage devant la Cour, le jeudi 10 juin 2010, elle et trois de ses collaborateurs ont été arrêtés par des gendarmes dès leur arrivée au bureau, après l’incendie. Les accès à l’immeuble Bangui 2000 avaient été bloqués.
Elle a passé deux jours dans les locaux de la Section de recherches et d’investigations (SRI), du 10 au 12 juin, avant d’être embarquée de nuit dans un véhicule et transférée à la prison de Bossembélé avec 25 autres civils, sans que leurs familles n’en soient informées.
À leur arrivée à Bossembélé, tous ont passé leur première nuit dans une grande salle. Elle a déclaré avoir appris que c’est le capitaine Vianney Semndiro qui commandait la prison, car c’est lui qui les avait accueillis à la base militaire de Bossembélé.
Le parquet s’est intéressé au rôle joué par Vianney Semndiro, en sa qualité de responsable de ce centre de détention.
À Bossembélé, Michelle Béngba affirme avoir passé plus de six jours sans se laver en raison de la quantité insuffisante et de la mauvaise qualité de l’eau. Elle a ajouté que l’une de ses codétenues est restée plus de huit jours dans les mêmes conditions.
Le témoin a indiqué avoir passé 48 jours à la base militaire, puis douze mois à la prison de Bossembélé sans connaître les motifs de sa détention, avant d’être transférée à la prison de Camp de Roux, où elle a finalement été libérée.
Le parquet et les avocats de la partie civile lui ont demandé si elle connaissait l’identité des militaires qui les avaient transportés à Bossembélé. Elle a répondu qu’elle l’ignorait. Le parquet a toutefois estimé que l’opération avait été menée par la Garde présidentielle.
Au cours de son témoignage, Michelle Béngba a également dénoncé le manque d’hygiène, l’absence de soins sanitaires et les mauvais traitements subis dans cette prison. Elle affirme avoir été moralement torturée.
Le témoignage de Michelle Béngba vient s’ajouter à ceux de plusieurs autres victimes présumées de la prison de Bossembélé. Dans cette affaire, l’ancien président François Bozizé ainsi que trois de ses anciens officiers, Eugène Barret Ngaïkosset, Vianney Semndiro et Firmin Junior Danboy, sont poursuivis pour des faits allégués de meurtre, d’emprisonnement ou d’autres formes de privation grave de liberté physique, de torture, d’actes inhumains et de disparitions forcées de personnes.
D’autres témoins sont attendus à la barre, tandis que l’audience reprend ce jeudi 2 juillet 2026.
Déus Gracias Tchémanguéré
Michelle Béngba, une victime de la prison de Bossembélé, témoigne devant la CPS

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