La compagnie théâtrale Masseka Théâtre a annoncé vendredi dernier, qu’elle participera au Festival international de théâtre d’Avignon, en France, avec sa création intitulée » Le Roi se meurt. »
Pour Modeste Gobbi, responsable de la compagnie, cette pièce qu’ils vont aller présenter inteevient à la suite d’une grande aventure, d’un projet né grâce à l’appui et à la confiance de l’Alliance française de Bangui.
De son côté, le directeur de l’Alliance française, François Dumoit, a souligné l’importance du théâtre dans la vie culturelle :
« Le théâtre fait partie des activités culturelles les plus importantes. Il permet aux enfants de s’exprimer, de prendre de l’assurance, d’apprendre à lire, d’améliorer leur lecture, parfois même de développer le goût de l’écriture et de s’exprimer en public. Ce sont des qualités essentielles dans la vie. Plus tard, il permet également aux adultes de gagner en assurance. Beaucoup de personnes ont encore des difficultés à prendre la parole en public. Le théâtre leur offre cette possibilité, tout en leur permettant de se cultiver et de découvrir de nouveaux textes, qu’ils soient centrafricains ou internationaux », a-t-il déclaré.
Selon lui, contrairement à une exposition où l’on reste simple spectateur devant un tableau, le théâtre est accessible à tous. Chacun est capable de faire du théâtre et devrait en pratiquer au moins une fois dans sa vie, pour toutes les raisons évoquées.
Concernant le « Le Roi se meurt », il s’agit d’une pièce de l’auteur franco-roumain Eugène Ionesco, figure majeure du théâtre de l’absurde. C’est une œuvre qui peut paraître étrange au premier abord, mais qui porte un sens profond. Elle raconte l’histoire d’un roi qui se meurt et voit son royaume s’effondrer progressivement.
« Après plusieurs échanges avec Modeste Gobbi et Patrick Stéphane Maka, je les ai encouragés à monter cette pièce. C’est l’une des œuvres les plus célèbres et les plus jouées en France ces dernières années. Ils ont repris le texte d’Eugène Ionesco en l’africanisant, en y apportant une touche propre à notre culture. C’est ce qui rend cette création particulièrement intéressante : montrer que des textes occidentaux peuvent être appropriés, réinterprétés et enrichis par une vision africaine. Cette adaptation permet à la pièce de voyager tout en restant fidèle à son essence. Je suis convaincu qu’elle rencontrera également un beau succès au Festival d’Avignon. »
Le metteur en scène de la pièce, Patrick Stéphane Maka, explique : « Lorsque nous avons échangé avec lui, nous avons trouvé intéressant de monter cette œuvre. Mais nous nous sommes posé une question : comment la mettre en scène de manière originale, puisqu’elle allait être présentée en Centrafrique ? Nous avons estimé qu’il fallait lui apporter une véritable identité africaine, une particularité qui lui donnerait davantage de force et de vitalité. C’est ainsi que nous avons entrepris de l’africaniser. »
Créée dans les années 2000, Masseka Théâtre est une compagnie professionnelle. Elle donnera 18 représentations au Festival d’Avignon, en France. Le départ de la troupe est prévu le 4 juillet, et son séjour s’étendra jusqu’au 25 juillet.
Il convient de préciser qu’il ne s’agit pas d’une compétition, mais d’une participation destinée à promouvoir le théâtre centrafricain et à le faire rayonner sur la scène internationale.
Oloria Sang

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