La Centrafrique et la MINUSCA poursuivent le processus de transfert des compétences. Ce lundi 10 août 2026, les deux parties ont tenu une réunion de haut niveau consacrée à la planification de la transition entre le gouvernement et la mission. Cette rencontre a été présidée par le Premier ministre, Félix Moloua, en présence de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies en Centrafrique, Valentine Rugwabiza.

Ce processus, déjà enclenché, intervient après la cession de sept bases de la MINUSCA au profit du gouvernement centrafricain, le 10 juin 2026, lors d’une cérémonie organisée à Mbaïki. Elle symbolise le transfert de certaines tâches de la MINUSCA au gouvernement.

Il ne signifie pas que la MINUSCA se retire définitivement de la Centrafrique. Il consiste plutôt à transférer progressivement certaines de ses tâches au gouvernement centrafricain.

Selon la cheffe de la MINUSCA, ce processus marque une transition après la phase finale du maintien de la paix. Il permet désormais d’envisager que le gouvernement assume davantage de responsabilités en matière de sécurité, de protection des civils et de restauration de l’autorité de l’État. « Il s’agit donc d’une reconnaissance que la RCA est sur la voie de la paix. »

Mais pour que cela soit un succès, il faut que le processus soit guidé par la réalité régionale, consolide et préserve les résultats atteints dans les domaines de la paix et de la sécurité. Il faut également qu’il soit guidé par une collaboration nationale et une planification conjointe.

La Représentante spéciale s’est dite réjouie que la planification s’appuie sur une collaboration étroite. C’est pourquoi elle a encouragé toutes les parties impliquées, tout en demandant que ce processus soit poursuivi au-delà du rapport du Secrétaire général.

Du côté du gouvernement, la planification de cette transition est « la preuve que la RCA se relève », a déclaré le Premier ministre centrafricain.

« Alors, il faut bien repréciser : c’est la planification de la transition. Ce n’est pas le retrait de la MINUSCA. La MINUSCA est encore avec nous et c’est l’occasion de saluer le travail fait par la MINUSCA. Évidemment, nous arrivons à une phase de transition. Il faut préparer cette transition. C’est l’objet de ce processus qui a été entamé conjointement à travers les travaux du comité mixte RCA-MINUSCA. Ce travail est fait en étroite collaboration avec le comité interministériel qui s’est appuyé sur le comité technique. Et aujourd’hui, nous avons produit un rapport qui nous donne au moins les différents axes sur lesquels nous devons approfondir à partir de la réflexion qui sera menée par les départements sectoriels. Alors donc, aujourd’hui, nous sommes mis d’accord pour nous référer au communiqué final qui est aujourd’hui dans la position de la MINUSCA et du gouvernement. C’est le transfert de certaines responsabilités, mais d’autres qui devaient être renforcées, parce que ce transfert sera renforcé avec l’accompagnement de la MINUSCA et d’autres que la MINUSCA va continuer à assumer jusqu’à la fin de son mandat. »

Cette annonce intervient alors que le gouvernement se prépare à prendre la relève. Le chef du gouvernement a rassuré :

« Mais évidemment, c’est le travail que nous sommes en train de faire avec la MINUSCA. Ce sont ces points-là qui sont approfondis et qui vont poursuivre à être approfondis pour voir si les transferts sont graduels. Mais il faudrait que nous voyions, lorsque la MINUSCA passe la main, comment est-ce que la RCA doit faire pour combler le vide, pour ne pas repartir sur la case de départ. Mais ça, ça demande une planification, ça demande des ressources. Évidemment, le document, les réflexions, les éléments seront présentés au Conseil de sécurité. Et donc nous avons fourni autant d’éléments aujourd’hui qui serviront déjà au Secrétaire général des Nations unies à avoir les éléments en main pour les échanges à leur niveau. »

Le Premier ministre a indiqué que cela s’inscrit dans la suite logique des résultats acquis dans le domaine de la paix et de la sécurité. L’objectif commun est de garantir la pérennité de ces acquis.

Toutefois, la MINUSCA conservera sa fonction de veille et d’alerte. Les autres tâches seront transférées aux autres agences du système des Nations unies en Centrafrique. L’ensemble des charges liées à la restauration de l’autorité de l’État revient au gouvernement.

La réunion a été marquée par la remise officielle du rapport du Comité technique mixte par les coprésidents.

Ce rapport retrace les activités menées par ce comité. Il fait la synthèse des travaux dudit comité et formule également des recommandations.

Notons que le transfert des compétences intervient après la phase de stabilisation et de consolidation des acquis.

La MINUSCA et le gouvernement ont validé et signé le communiqué conjoint relatif à cette procédure.

Rappelons qu’en juin dernier, la MINUSCA a cédé sept de ses bases au gouvernement. Ces bases sont situées à Mbaïki (Lobaye), Bamingui (Bamingui-Bangoran), Dékoa (Kémo), Dilapoko (Nana-Mambéré), Ippy et Kouango (Ouaka), ainsi qu’à Pombolo (Basse-Kotto).

Déus Gracias Tchémanguéré