La question de l’importation de la maladie à virus Ebola en République centrafricaine reste préoccupante. C’est ce que souligne le ministère de la Santé publique et de la Population lors de la conférence hebdomadaire du 8 août 2026, tenue au Centre d’Information et de Documentation sur la Santé.

Cette rencontre avec les médias vise toujours à répondre aux inquiétudes de la population et à lui fournir les informations nécessaires sur l’évolution de la situation, les mesures prises pour prévenir l’importation d’un cas d’Ebola, ainsi que sur la situation actuelle du choléra en République centrafricaine.

Animée par des experts sanitaires, notamment Dr Pierre Somsé, ministre de la Santé publique et de la Population, Pr Emmanuel Nakouné, directeur général de l’Institut Pasteur de Bangui, et Dr Parfait Constant Séboulou, directeur des Soins de santé primaire au ministère de la Santé, l’émission a enregistré une forte participation des auditeurs. Ceux-ci ont appelé de différentes localités du pays pour faire part de leurs préoccupations, surtout sur les mesures de prévention et la conduite à tenir en cas de suspicion d’un cas d’Ebola dans les régions de Mboki, Zémio, Obo et Bambouti.

Au cours de cette conférence, les responsables sanitaires ont rappelé que la République centrafricaine reste en état de vigilance face à la menace de la maladie à virus Ebola qui sévit dans les pays voisins. Ils rassurent que toutes les dispositions sont prises pour renforcer la surveillance aux frontières, préparer les structures sanitaires et prévenir toute introduction du virus sur le territoire national, notamment dans les zones d’Obo, Zémio, Mboki et Bambouti. Toutefois, aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été enregistré sur le territoire centrafricain.

Dr Pierre Somsé, dans son intervention, souligne : « La menace s’aggrave du côté de la République démocratique du Congo puisque les tendances de l’épidémie sont toujours en augmentation exponentielle. Aujourd’hui, le pays totalise 4 053 cas cumulés, dont 1 850 décès, 793 guéris et 694 patients en hospitalisation. Dans la zone du Haut-Uélé, 6 districts sur 13 sont affectés. En outre, le front de l’épidémie progresse de façon constante vers le nord, particulièrement vers la préfecture du Haut-Mbomou qui fait frontière avec le Haut-Uélé. »

« Le front de l’épidémie approche. Ce n’est pas une question de distance puisque les mouvements de population entre la préfecture du Haut-Mbomou et la RDC sont intenses, avec des mouvements quotidiens faisant de ces zones un même espace de vie partagé entre les populations du Haut-Mbomou, de la RDC et du Sud-Soudan. Il s’agit pour nous d’intensifier et d’accélérer l’état de la préparation. Nous avons installé un laboratoire de haute sécurité de nouvelle capacité à Obo, ainsi que le déploiement de l’équipe médicale dans les trois (3) localités du Haut-Mbomou qui sont les plus exposées. Par ailleurs, dans les jours qui viennent, nous allons déployer des équipes multidisciplinaires sur différents aspects et thématiques de la lutte, afin d’engager le personnel médical, les populations ainsi que les leaders communautaires », a-t-il déclaré.

S’agissant du choléra, le personnel de santé affirme avoir maîtrisé la maladie. « Nous n’avons plus de nouveau cas autochtone, suite à une riposte très agressive que nous avons menée avec l’appui de tous nos partenaires. Aujourd’hui, le pays totalise 728 cas, dont 48 décès, parmi lesquels 16 à l’hôpital. 698 cas sont pris en charge, parmi lesquels 682 guéris. Avec l’appui de nos partenaires internationaux, nous avons également bénéficié de 600 000 doses de vaccin mardi dernier, dont la campagne de vaccination se déroulera dans les jours qui suivent. »

Il ajoute : « Avec l’appui de la MINUSCA, de l’OMS et du gouvernement, il y aura une importante [rencontre] d’ici la semaine prochaine avec les ministres des pays frontaliers, notamment la RDC, le Sud-Soudan, l’Ouganda et le Congo, pour renforcer la coopération transfrontalière », a-t-il conclu.

Signalons qu’en clôturant les échanges, les responsables du ministère ont appelé les Centrafricains à demeurer vigilants, à respecter les mesures de prévention et à collaborer avec les services de santé afin de limiter la propagation des maladies à potentiel épidémique.  

Freddy Ulrich Tanga